Des migrants à Benghazi, en Libye (illustration). Crédit : Reuters
Des migrants à Benghazi, en Libye (illustration). Crédit : Reuters

Un demandeur d'asile de 19 ans originaire de Somalie est mort lundi à Tripoli. Le jeune homme souffrait de malnutrition et de tuberculose. Son ami de 15 ans, qui vivait à ses côtés, souffre des mêmes maux et se trouve dans un état préoccupant.

Si la traversée de la Méditerranée provoque la mort de milliers de personnes chaque année, le quotidien plus que précaire des migrants en Libye peut également entraîner des drames. Le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) a annoncé mercredi 6 janvier le décès à Tripoli d'un demandeur d'asile somalien, confirmant une information de l'avocate Giulia Tranchina diffusée la veille sur Twitter.

Dans un communiqué, l'agence onusienne a expliqué que le jeune homme de 19 ans était mort "en raison de la détérioration de son état de santé suite à sa sortie de l'hôpital fin décembre". L'avocate italienne spécialiste du droit d'asile a précisé sur sa page Twitter que le Somalien (qui est âgé de 16 ans, selon elle) était décédé lundi 4 janvier "de la tuberculose et la famine".

Le demandeur d'asile s'était enregistré auprès du HCR en octobre "après avoir été libéré de [la prison de] Bani Walid" en échange d'une rançon, écrit l'organisation. "En captivité dans des camps de trafiquants, il avait signalé avoir été victime de mauvais traitements et de travail forcé", ajoute-t-elle.

Un garçon de 15 ans également en souffrance

Le Croissant-Rouge libyen s'est rendu dans le bâtiment abandonné où vivait la personne décédée et a procédé au retrait du corps. Lors de leur intervention, les équipes médicales ont rencontré un adolescent de 15 ans, lui aussi originaire de Somalie. Sa présence avait également été signalée par Giuila Tranchina sur les réseaux sociaux. "Son ami est toujours là, incapable de se tenir debout ou de marcher. Il est affamé et faible", alertait mardi matin l'avocate dans un Tweet accompagné d'une vidéo montrant le garçon extrêmement affaibli, accroupi et en pleurs. Lui aussi souffre de malnutrition et de tuberculose.

Le HCR indique qu'un "examen médical a été effectué sur place" et que "de nouveaux contrôles médicaux [ont été prodigués] le lendemain à Tripoli". L'adolescent, qui s'était enregistré auprès de l'organisation en novembre après plusieurs séjours en prison, "est étroitement surveillé par le HCR", selon le communiqué.

Cependant, Giuila Tranchina affirme que le garçon est rapidement sorti de l'hôpital après une simple perfusion. "Il n'est pas du tout pris en charge par le HCR. Il est actuellement à la clinique de l'IRC (International rescue committee) car il a toussé et vomi toute la nuit", déclare l'avocate, contactée par InfoMigrants. "Le HCR ne lui a même pas donné d'argent pour la nourriture ou les médicaments". 

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Des réfugiés soudanais se sont cotisés et lui ont acheté des médicaments contre la tuberculose. Un Libyen a également aidé le garçon en lui trouvant un logement et en payant le loyer pour un mois.

Les conditions de vie des migrants en Libye ont été maintes fois dénoncées par les ONG. Les exilés sont souvent la cible de trafiquants qui les kidnappent et les violentent en échange d'une rançon pour leur libération. InfoMigrants a reçu des dizaines de témoignages de migrants qui font état de torture et d'esclavage en Libye. La crise du coronavirus a encore plus compliqué leur quotidien : les exilés peinent à survivre notamment à cause de l'absence de travail.

 

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