Des demandeurs d'asile attendent l'ouverture d'un bureau d'immigration à Berlin en 2019. Crédits: DW/C.Nasman
Des demandeurs d'asile attendent l'ouverture d'un bureau d'immigration à Berlin en 2019. Crédits: DW/C.Nasman

L’Allemagne n’est plus la première destination européenne des demandeurs d’asile. Le pays enregistre une baisse continue des demandes d’asile, qui s’est accentuée en 2020 en raison de la pandémie de Covid-19 et du durcissement de la politique migratoire allemande.

Le nombre de migrants ayant déposé un dossier de demande d’asile en Allemagne a chuté de plus de 30% en 2020 par rapport à 2019, d’après les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur. Les autorités ont enregistré près de 76 000 premières demandes d'asile l'an passé. 

Un chiffre bien loin des 400 000 demandes déposées en 2015 lorsque la chancelière Angela Merkel avait décidé l'ouverture des portes du pays pendant la crise migratoire européenne. 

En 2020, la plupart des demandeurs sont originaires de Syrie, d'Afghanistan, d'Irak et de Turquie. Environ 37 800 personnes ont, quant à elles, obtenu le statut de réfugié cette même année.

Augmentation des expulsions

La chute des voyages internationaux et la fermeture de frontières, notamment au printemps à cause de la propagation du coronavirus, expliquent en partie la baisse des demandes d’asile en 2020, a indiqué le ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer. Mais la politique migratoire allemande, qui s’est durcie depuis quatre ans, y serait aussi pour quelque chose, s’est satisfait le ministre conservateur, favorable à un plus strict contrôle des frontières.

Après la hausse soudaine des demandes d’asile en 2015 et 2016 (700 000 dossiers déposés), le gouvernement allemand avait réagi en limitant les conditions d'immigration dans le pays et en augmentant les expulsions des déboutés du droit d'asile ou des réfugiés reconnus coupables de violence.

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Depuis 2016, l'Allemagne procède régulièrement aux renvois de migrants afghans déboutés. Ces expulsions ont toutefois été suspendues au printemps en raison de l’épidémie de coronavirus. En tout, 907 hommes ont été renvoyés vers l’Afghanistan depuis 2016, malgré l’insécurité qui règne dans ce pays en proie aux violences et aux attentats quotidiens, ce qui fait débat.

Reprise des expulsions vers la Syrie

À partir du mois de janvier 2021, les autorités allemandes devraient également autoriser les renvois dans leur pays de migrants Syriens considérés comme dangereux. Devant les critiques suscitées par la mesure, le gouvernement a assuré que ces expulsions se feraient "au cas par cas" et concerneraient uniquement des personnes considérées comme "dangereuses". 

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Cette décision pourrait ne s’appliquer au final que sur 90 Syriens fichés pour leur militantisme islamiste, selon les médias allemands. Dans la pratique, toutefois, ces expulsions risquent d'être très difficiles à mettre en œuvre étant donné que l'Allemagne n'a plus de relations diplomatiques avec le régime syrien. Or le renvoi d’un ressortissant vers son pays natal nécessite d’obtenir l’accord du pays d’origine. Sans interlocuteur à Damas, l'Allemagne est donc dans l'impasse.

 

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