REUTERS/Ciro de Luca | Matteo Salvini, à Rome le 28 août 2019.
REUTERS/Ciro de Luca | Matteo Salvini, à Rome le 28 août 2019.

"Serein et fier", l'ex-ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini a comparu samedi devant un juge à Palerme pour une nouvelle affaire de migrants bloqués en mer en 2019, dans laquelle il est accusé de "séquestration de personnes et d'abus de pouvoir". La suite de la procédure a été renvoyée au 20 mars.

Matteo Salvini, le chef du parti italien d'extrême droite de la Ligue, a une nouvelle fois comparu samedi 9 janvier devant un juge à Palerme, dans le cadre d'une nouvelle affaire de migrants bloqués en mer en 2019, quand il était ministre de l'Intérieur.

A l'issue de cette première audience préliminaire à huis clos, le juge a renvoyé au 20 mars la poursuite de la procédure, qui doit déterminer si Matteo Salvini doit être traduit en justice ou s'il faut abandonner les poursuites.

L'ancien ministre est soupçonné de séquestration de personnes et d'abus de pouvoir pour avoir interdit le débarquement d'une centaine de migrants secourus en mer par l'Open Arms en août 2019. Il avait à l'époque refusé pendant des jours d'accorder un port sûr au navire de l'ONG espagnole, qui mouillait au large de la petite île de Lampedusa, alors que les conditions à bord s'aggravaient.

"Je suis juste désolé pour le coût de ces procès"

"Je suis absolument serein et fier de ce que j'ai fait", a déclaré Matteo Salvini à la presse à l'issue de l'audience. "Je suis juste désolé pour le coût de ces procès supporté par les contribuables italiens et pour le temps que je fais perdre aux magistrats."

De son côté, l'ONG Proactiva, qui affrète l'Open Arms, a tenu à rappeler les conséquences des actes de l'homme politique sur les migrants en mer. "Voici certaines des 151 personnes à qui l'ancien ministre Salvini a causé des douleurs et des souffrances inutiles uniquement dans le but de sa propre campagne électorale", a-t-elle déclaré dans un tweet accompagné de photos montrant un bébé et des personnes effondrées.

Open Arms a par ailleurs souligné que "l'accusé aujourd'hui n'est pas seulement Matteo Salvini, mais les gouvernements italien et européens qui continuent de violer la convention de Hambourg sur l'obligation de secours en mer et celle de Genève sur l'interdiction de refuser des réfugiés".

Perte d'influence

Matteo Salvini avait déjà dû faire face à la justice pour avoir bloqué en mer une centaine de migrants sauvés par le navire "Gregoretti" des garde-côtes italiens, toujours durant l'été 2019. Le parquet sicilien de Catane a toutefois demandé l'abandon des poursuites dans cette affaire.

L'ancien ministre de l'Intérieur avait fait de la répression des migrants sa priorité. Il avait notamment proclamé la politique des "ports fermés" et avait mis fin aux permis de séjour de deux ans pour "protection humanitaire" dont bénéficiaient 25% des exilés en 2017.

>> À (re)lire : Italie : le gouvernement assouplit les lois anti-migrants de Matteo Salvini

Désormais éloigné du pouvoir, Matteo Salvini a perdu en influence. Le gouvernement italien - une coalition entre le Mouvement 5 Étoiles et le Parti démocrate - avait d'ailleurs annoncé en octore une série de lois visant à assouplir les mesures anti-migrants votées sous l'ère Salvini.

Les passages illégaux détectés aux frontières externes de l'UE ont de leur côté nettement baissé en 2020 par rapport à l'année précédente, en raison notamment des restrictions relatives à la pandémie, selon l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex.

 

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