Des manifestants à l'aéroport de Düsseldorf dénoncent les expulsions d'Afghans, 12 janvier 2021. Crédit : DR
Des manifestants à l'aéroport de Düsseldorf dénoncent les expulsions d'Afghans, 12 janvier 2021. Crédit : DR

Un groupe de 26 demandeurs d’asile déboutés ont été expulsés d’Allemagne et sont arrivés à Kaboul. Berlin a repris ces expulsions vers l’Afghanistan le mois dernier, après une interruption due à la pandémie de coronavirus.

Selon l’agence de presse allemande dpa, les 26 ressortissants afghans sont arrivés à Kaboul le mercredi 13 janvier à 7 heures du matin, heure locale, à bord d’un vol charter. Ils ont été escortés par un groupe de 84 officiers de police allemands. 

Il s’agit du 35ème vol d’expulsion de l’Allemagne vers l’Afghanistan depuis décembre 2016. En tout, ces renvois ont concerné 963 demandeurs d’asile déboutés. Le dernier vol charter remontait à décembre dernier.

Selon le ministère allemand de l’Intérieur, 25 de ces hommes ont commis des délits en Allemagne. La nature exacte de ces délits n’a pas été révélée. Ces expulsions vers l’Afghanistan sont actuellement organisées dans neuf régions allemandes, dont la Bavière, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie du Nord-Westphalie. D’autres pays européens ont également repris les vols d’expulsion.

Manifestation 

Ces expulsions continuent à être controversées, les opposants estimant que l’Afghanistan reste trop dangereux pour y renvoyer des demandeurs d’asile. Le vol parti mardi soir de Düsseldorf a ainsi donné lieu à une manifestation d’activistes dans l’aéroport.


Des activistes opposés aux expulsions à l’aéroport de Düsseldorf, le 12 janvier 2021. Crédit : DR
Des activistes opposés aux expulsions à l’aéroport de Düsseldorf, le 12 janvier 2021. Crédit : DR


Des organisations humanitaires comme le Conseil des réfugiés danois (DRC) considèrent également que ces renvois doivent être suspendus. "Nous ne pensons pas que les conditions sont adaptées [pour forcer les Afghans à partir] en ce moment", estime Charlotte Slente, la secrétaire générale du DRC.

Les Afghans contraints de retourner dans leur pays bénéficient de très peu de soutien une fois sur place, selon les défenseurs des droits des migrants. L’Organisation de conseil et de soutien aux migrants afghans AMASO a expliqué mardi avoir reçu "de multiples demandes d’Afghans ayant besoin d’aide et de soutien" pour gérer leur retour. "Nous allons vous tenir informés de leur situation une fois que nous les aurons rencontrés à leur arrivée dans le pays", a assuré l’AMASO sur les réseaux sociaux.

En novembre, l’AMASO a mis en place un numéro d’aide pour les expulsés sur WhatsApp. Le numéro est le +93 77 520 3201. Ce service peut aussi être consulté sur la page Facebook de l’ONG.

 

L’organisation AMASO dispose d’une page Facebook et d’un numéro WhatsApp
L’organisation AMASO dispose d’une page Facebook et d’un numéro WhatsApp


Ces dix dernières années, plus de 100 000 civils ont été tués ou blessés en Afghanistan. Malgré les pourparlers de paix en cours, le conflit entre les Taliban et le gouvernement afghan continue de faire des victimes. Les attentats à la bombe et les tirs de roquettes sont quasi quotidiens dans la capitale Kaboul. Aussi, la pandémie a détérioré les conditions de vie des Afghans. D’après les Nations unies, plus de 5 millions de personnes auront besoin d’une aide cette année à cause de la pandémie combinée au conflit.

Avec dpa

 

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