Un campement de migrants démantelé dans le centre-ville de Calais, le 19 janvier 2021. Crédit : Auberge des migrants
Un campement de migrants démantelé dans le centre-ville de Calais, le 19 janvier 2021. Crédit : Auberge des migrants

Un campement de migrants a été évacué, mardi matin, dans le centre-ville de Calais. "C'est la première fois" qu'un tel démantèlement a lieu au cœur de la ville, s'inquiètent les associations.

Les autorités ont expulsé mardi 19 janvier dans la matinée des campements de migrants installés sous deux ponts du centre-ville de Calais, a affirmé Utopia 56 joint par InfoMigrants.

Les forces de police et de gendarmerie ont bouclé les lieux, et ni la presse ni les associations n'ont pu accéder aux opérations, selon le correspondant de l'AFP, qui n'a pu voir la scène qu'à 200 mètres environ.

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Des cars étaient présents pour emmener les migrants vers des centres d'hébergement, des CAES, selon Pierre, un des membres de l’association Utopia 56.

Fait rare, la Police nationale a communiqué sur l’opération en publiant des photos sur son compte Twitter. 

D'après un communiqué de la préfecture, "115 personnes ont été prises en charge et transportées pour être mises à l'abri dans différentes structures d'hébergement du département (Nédonchel, Croisilles et Merlimont)", dont la plus proche est à une soixantaine de kilomètres de Calais.

"Opération inédite"

"Cela faisait un moment que l’ordonnance d’expulsion était affichée. Mais cette opération est assez inédite de par son ampleur. C’est la première fois qu’un tel déploiement a lieu dans le centre-ville pour déloger les migrants", continue Pierre.

"Sur le pont Faidherbe, on [pouvait] compter 10 voitures de CRS, 1 voiture de la police nationale, 1 voiture de gendarmerie, la protection civile et 2 voitures banalisées", ont écrit les associations dans un communiqué.

Les migrants s'étaient installés sous les ponts, enjambant un canal et le bassin de la Batellerie, non loin de l'Hôtel de Ville. "Ils viennent là quand ils sont chassés d’ailleurs", précise encore le militant d'Utopia 56.

"Ces occupations occasionnent de sérieux problèmes de sécurité (pour les migrants eux-mêmes en raison de la proximité immédiate des cours d'eau), de salubrité et de tranquillité, en particulier pour les riverains", souligne la préfecture, précisant que des maraudes pour proposer une mise à l'abri aux migrants ont précédé l'opération d'expulsion.

Mais selon Sandra Caumel, coordinatrice juridique du Human rights observers, "les ponts c'était le seul endroit où ils n'étaient pas expulsés, tranquilles, à l'abri, où on ne leur prenait pas les tentes", a-t-elle souligné à l’AFP, affirmant que les migrants sont montés "de façon forcée" dans les bus. 

"On ne sait pas s'ils vont désormais déloger de sous les ponts aussi tous les deux jours", a-t-elle ajouté.

 

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