Des arceaux de vélos installés à la place d'un campement de migrants, à Calais, le 20 janvier. Crédit : Auberge des migrants
Des arceaux de vélos installés à la place d'un campement de migrants, à Calais, le 20 janvier. Crédit : Auberge des migrants

Au lendemain de l'évacuation, mardi, d'une centaine de migrants dans le centre-ville de Calais, la mairie a fait poser des arceaux de vélos à l'endroit où le campement avait été installé. L'édile évoque une mesure d'urbanisme dans le cadre de la sécurisation d'un futur chantier, les collectifs parlent d'un nouveau dispositif anti-migrants.

Des grilles et des arceaux à vélo. Plusieurs installations ont vu le jour mercredi 20 janvier sous le pont Mollien, dans le centre-ville de Calais, à l'endroit même où la veille un campement de migrants avait été évacué.

Pour la mairie de Calais, ces grilles et ces arceaux n'ont aucune visée anti-migrants. Ils servent, au contraire, à sécuriser la zone où un chantier a vu le jour. "La sécurisation du chantier est aussi l’une des raisons de cette installation, a précisé Philippe Mignonet, adjoint chargé de la sécurité à la ville de Calais, à la Voix du Nord. Je n’ai pas d’autre commentaire à faire."

Pour l'Auberge des migrants, la mairie n’assume "même pas" sa politique. "Après les dispositifs anti-SDF, on est face à un dispositif anti-migrants. On félicite la mairie pour son côté imaginatif au service de la cruauté", a déclaré François Guennoc, vice-président de l’association, à InfoMigrants. "On est choqués mais on a tellement l’habitude…. Il y a eu les grillages, les blocs de rochers, et maintenant les arceaux à vélos."


"Ce n’est même pas un endroit où passent les cyclistes", ajoute François Guennoc. "C’est une zone où il y a plutôt des promeneurs".

Le 17 décembre, la Ville de Calais avait fait poser des blocs de rochers devant l'entrée du Fort Nieulay, une zone où des distributions de nourriture pour les migrants avaient lieu et où s'installaient les cliniques mobiles.

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Les bus de la Vie active, association mandatée par l'État, s'arrêtaient également à cet endroit pour emmener les exilés aux services de douches de la ville, et pour distribuer des collations. 

Quelques jours avant, le 1er décembre, la mairie avait mené une autre initiative en détruisant un lieu de vie pour migrants, surnommé "Unicorn". Situé derrière l'hôpital du Virval, ce lieu avait été complètement déboisé à coups de tractopelle.

 

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