L'équipage de l'Ocean Viking a secouru environ 120 personnes dont plusieurs enfants, jeudi 21 janvier. Crédit : SOS Méditerranée
L'équipage de l'Ocean Viking a secouru environ 120 personnes dont plusieurs enfants, jeudi 21 janvier. Crédit : SOS Méditerranée

Environ 120 personnes dont plusieurs enfants et un nourrisson d'un mois ont été secourus par l'Ocean Viking, jeudi. Le navire de l'ONG SOS Méditerranée est de retour au large de la Libye depuis quelques jours, après des mois bloqués à quai par les autorités italiennes.

Pour sa première mission après cinq mois de blocage par les autorités italiennes, l'Ocean Viking a porté secours, jeudi 21 janvier, à environ 120 personnes, a indiqué sur Twitter SOS Méditerranée, l'ONG qui affrète le navire. Les migrants secourus se trouvaient dans les eaux internationales à 36 milles nautiques des côtes libyennes, "sur un canot pneumatique en détresse dangereusement surchargé".

Le nombre précis de rescapés étaient encore en cours d'évaluation à la mi-journée, jeudi, mais les secouristes ont d'ores et déjà comptabilisé quatre jeunes enfants dont un bébé d'à peine un mois. "Ils sont visiblement ébranlés et épuisés", écrit l'ONG.

L'Ocean Viking avait quitté le port de Marseille le 11 janvier pour retourner au large de la Libye où un seul autre navire, l'Open Arms, était présent ces dernières semaines. L'équipage du navire de l'ONG espagnole éponyme avait porté secours début janvier à 265 personnes et devrait être de retour dans la zone de détresse début février.

Un nouveau navire humanitaire du collectif italien Mediterranea doit également rejoindre la zone dans les prochaines semaines. Le Mare Jonio 2 pourra accueillir jusqu'à 1 000 migrants et sera équipé d'un hôpital à bord.

Premier naufrage de l'année

Le sauvetage de l'Ocean Viking intervient moins de 48 heures après un naufrage dans la même zone ayant coûté la vie à au moins 43 personnes, dont un jeune Guinéen connu de la rédaction d'InfoMigrants. Dix rescapés ont été ramenés en Libye et pris en charge par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) qui souligne toutefois que la Libye ne peut être considérée comme un port sûr pour débarquer les naufragés, en vertu du droit maritime international.

Mercredi, un autre groupe de 48 migrants dont 11 enfants a, pour sa part, été intercepté par les garde-côtes libyens et ramené à son point de départ. Une fois de retour en Libye, nombre des candidats à l'exil sont placés dans des centres de détention aux conditions extrêmement difficiles. D'autres sont livrés à eux-mêmes, en proie aux arrestations arbitraires, aux trafiquants en tous genre, à la torture et aux abus, rappelle l'OIM.

Selon les chiffres de l'agence onusienne, la Méditerranée demeure la route maritime migratoire la plus meurtrière au monde : plus de 20 000 personnes s'y sont noyées ces six dernières années, et au moins 1 366 en 2020.

 

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