Un brassard fronts autour du bras d'un garde-frontières. Crédit : Frontex
Un brassard fronts autour du bras d'un garde-frontières. Crédit : Frontex

Après avoir examiné un rapport interne concernant des accusations de refoulements illégaux en mer Égée, le conseil d'administration de Frontex se défend : selon lui, aucune preuve ne vient étayer le fait que des garde-côtes européens auraient renvoyé illégalement des migrants des eaux grecques vers les eaux turques. L'office européen de lutte antifraude (Olaf) a, de son côté, ouvert une enquête au début du mois de janvier.

Le conseil d'administration de Frontex, l'agence de surveillance des frontières de l'Union européenne (UE), a déclaré jeudi 21 janvier n'avoir pas trouvé de preuves de violations des droits de l'Homme dans les cas qu'elle a examinés en mer Égée. Frontex est accusée de refoulements illégaux de migrants notamment dans le bras de mer entre la Grèce et la Turquie.

Le conseil d'administration, qui compte des représentants des États membres de l'UE et deux membres de l'exécutif européen, a examiné un rapport interne sur ces allégations. 

Il a souligné que "sur la base des informations fournies", il n'a "pas pu établir de preuves de violations des droits fondamentaux".

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Il a toutefois précisé que des clarifications supplémentaires étaient nécessaires pour achever l'examen des faits et demandé au directeur exécutif de Frontex, le Français Fabrice Leggeri, de "fournir immédiatement les informations manquantes".

L'agence a été pointée du doigt en octobre dans une enquête de plusieurs médias, l'accusant de refoulement de bateaux de demandeurs d'asile de Grèce vers la Turquie - en collaboration avec les garde-côtes grecs. 

La rédaction d’InfoMigrants a, elle aussi, reçu plusieurs témoignages - et une vidéo - de ces "pushbacks" maritimes en mer Égée. Mi-décembre, Slimane, un Guinéen de 17 ans, a raconté comment des hommes, qu'il a identifiés comme des garde-côtes grecs, ont repoussé son embarcation vers les eaux turques et ont percé l'avant de son canot.

Au mois de mai, Samuel, un autre migrant d’Afrique subsaharienne, avait lui aussi raconté comment son embarcation avait été refoulée vers les côtes turques. 

L'office européen de lutte antifraude (Olaf) a ouvert en janvier une enquête concernant Frontex. Selon le média allemand der Spiegel, l'Olaf a effectué début décembre une perquisition au siège de l'agence à Varsovie, notamment dans les bureaux du directeur exécutif de Frontex.

Agence créée en 2004, Frontex prévoit de disposer d'un effectif permanent de 10 000 garde-frontières et garde-côtes à l'horizon 2027.

 

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