Des migrants sauvés par l'Ocean Viking, le 24 janvier 2021. Crédits : Fabian Mondl / SOS Méditerranée
Des migrants sauvés par l'Ocean Viking, le 24 janvier 2021. Crédits : Fabian Mondl / SOS Méditerranée

Le bateau humanitaire de SOS Méditerranée a accosté lundi après-midi en Sicile. A son bord, près de la moitié des rescapés sont des mineurs, dont 21 bébés.

Les autorités italiennes sont montées à bord de l'Ocean Viking, amarré dans le port d'Augusta en Sicile, lundi 25 janvier, afin de tester les passagers au Covid-19.

Les premiers rescapés ont été accueillis sur le sol italien, après avoir été testées.

“La situation à bord était devenue très difficile pour les rescapés comme pour l'équipage”. SOS Méditerranée, l’ONG qui affrète l’Ocean Viking, avait fait part de son soulagement, après avoir reçu l’autorisation dimanche de débarquer en Sicile.

A bord du navire humanitaire se trouvaient 373 migrants originaires d’Afrique subsaharienne secourus en moins de 48 heures, entre jeudi et vendredi. Au total, trois opérations de sauvetage ont permis de sortir de l'eau ces personnes, alors qu’elles se trouvaient sur quatre embarcations en détresse dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone) au large de la Libye.

Durant le week-end, les conditions météorologiques se sont considérablement détériorées, a alerté l’ONG. Cette dernière s'était inquiétée de ne pas trouver de port pour accoster après avoir “formulé deux demandes pour débarquer les rescapés dans un lieu sûr auprès des autorités maritimes libyennes” et “sollicité à deux autres reprises le soutien des centres de coordination de sauvetage (RCC) italiens et maltais”.

21 bébés et 35 jeunes enfants

Une situation jugée d’autant plus urgente que parmi les rescapés secourus, près de la moitié sont des mineurs, dont 21 bébés (0-4 ans), 35 enfants (5-15 ans) et 131 mineurs non accompagnés. 

Quarante-huit femmes ont aussi été secourues, dont une majorité voyageant seule, et quatre d'entre elles étaient enceintes. L’une des passagères, à huit mois de grossesse, a dû être évacuée vers Lampedusa par les garde-côtes italiens, dès le samedi après-midi, pour recevoir “des soins médicaux d’urgence rendus nécessaires en raison d’une grossesse avancée présentant des risques élevés”.

Plus aucun navire humanitaire dans la SAR zone

“Après des semaines de mauvais temps, les conditions au large des côtes libyennes se sont améliorées en début de semaine, entraînant de nombreux départs de personnes qui tentaient de fuir par la Méditerranée centrale sur des embarcations surpeuplées et impropres à la navigation”, a constaté l’ONG, dont le navire de sauvetage civil était le seul présent dans la zone. 

L'Ocean Viking a repris la mer depuis Marseille le 11 janvier après avoir été bloqué cinq mois en Italie où les autorités lui ont imposé des travaux à bord. 

Actuellement, les autres navires humanitaires sont “bloqués par les autorités italiennes comme l'était l'Ocean Viking avant", a indiqué dimanche la directrice de SOS Méditerranée Sophie Beau. Le bateau de SOS Méditerranée étant amarré en Sicile pour débarquer ses passagers, plus aucun navire humanitaire ne se trouve dans la SAR zone.

“Bien que nous soyons soulagés pour les 373 personnes à bord de notre navire, nous insistons à nouveau sur le fait qu'il est vital de réinstaurer une coordination efficace des opérations de recherche et de sauvetage par les États en Méditerranée centrale”, a exhorté SOS Méditerranée. “Les États membres de l'UE doivent trouver une solution durable pour un mécanisme de débarquement rapide et prévisible, en soutenant les États côtiers européens et en œuvrant au respect du droit maritime sur nos rives sud communes”.

 

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