Des migrants attendent d'être pris en charge par l'association Utopia56 pour la nuit, dans le nord de Paris. Crédit : InfoMigrants
Des migrants attendent d'être pris en charge par l'association Utopia56 pour la nuit, dans le nord de Paris. Crédit : InfoMigrants

Les 172 migrants qui avaient occupé une école dans le 16e arrondissement de Paris, dimanche, pour alerter sur le mal-logement ont été relogés en centres d'hébergement d'urgence ou dans des hôtels. Ali, un mineur guinéen de 16 ans, en fait partie. Après des semaines passées à la rue, il peut enfin souffler.

"Je suis content, je suis à l’hôtel, je dors dans un lit c’est super !" Ali*, 16 ans, Guinéen, est aujourd’hui hébergé dans un hôtel du nord de Paris. Après plusieurs semaines passées dans la rue, il peut enfin souffler.

Sa prise en charge, il la doit à Utopia 56 et à l'occupation d'une école, explique-t-il. Avec une centaine de personnes à la rue et des associations d'aide aux migrants, Ali avait investi dimanche 24 janvier une école abandonnée dans le 16e arrondissement de Paris, pour interpeller l'État sur le mal-logement.

Après une nuit passée dans un gymnase (dans le 16e arrondissement), ouvert en urgence par la mairie de Paris le soir-même, le jeune Guinéen de 16 ans n’est pas retourné à la rue. La préfecture d’Ile-de-France l’a relogé, lundi, dans un hôtel social du 18e arrondissement de la capitale.

"Maintenant, on va être vigilant à ce qu'il n'y ait pas de remise à la rue"

À l’instar d’Ali, toutes les personnes qui avaient occupé l’école désaffectée dimanche, ont un toit au dessus de leur tête. Alors que les températures chutent, l’État s’est félicité de ces orientations. "La préfecture d’Ile-de-France […] a réorienté l’ensemble des personnes vers des centres d’hébergement adaptés, soit 172 personnes", peut-on lire dans un communiqué publié mardi 26 janvier.

L'association Utopia 56 se dit soulagé. "On est content que ce soit allé aussi vite", confie Kerill Theurillat, membre d'Utopia 56, une des association à l'origine de l'occupation de l’école avec le DAL (Droit au logement), Solidarité migrants Wilson et la Coordination des sans-papiers de Paris (CSP75). "Maintenant, on va être vigilant à ce qu'il n'y ait pas de remise à la rue prochainement car on n'a aucune information sur le temps d'hébergement" prévu par la préfecture. 

Ali, lui, croit savoir qu'il ne sera pas remis à la rue. "Quand on était dans l’école, j’ai rencontré le maire de Paris (sic). Il m’a dit que nous allions dormir au chaud jusqu'à ce que le juge décide de mon dossier", déclare Ali, d’excellente humeur. L’homme qu’il pense être le maire de la capitale est en fait Ian Brossat, l’adjoint à la mairie de Paris chargé du logement et de l’hébergement d’urgence, présent lors de l’occupation de l’école, dimanche.

"Quand on est dehors, c’est compliqué de faire des papiers, on est trop fatigués"

"Le maire de Paris est une femme ?", continue-t-il en éclatant de rire. "Je la remercie elle aussi, alors. Maintenant, je peux reprendre mes démarches pour [faire reconnaître] ma minorité sereinement. Quand on est dehors, c’est compliqué de faire des papiers, on est trop fatigués".

Ali, mineur, a été pris en charge à l’hôtel quand d’autres, essentiellement des demandeurs d’asile majeurs afghans, ont été dirigés vers des centres d’urgence. Ces lieux sont des "structures d'hébergement temporaires" et "des places d'hébergement d'urgence", a précisé la préfecture à l'AFP.

Les migrants relogés estimaient être les oubliés d'une série d'opérations de mise à l'abri, notamment depuis le démantèlement violent d'un campement place de la République, à Paris, fin novembre.

Selon la préfecture, la région Ile-de-France peut accueillir près de 136 000 personnes chaque nuit dans son parc d’hébergement d’urgence.

*Le prénom a été modifié. 

 

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