Des membres de Génération Identitaire dans les Alpes, en 2018. Crédit : Capture d'écran de YouTube
Des membres de Génération Identitaire dans les Alpes, en 2018. Crédit : Capture d'écran de YouTube

Une enquête préliminaire pour "provocation à la haine raciale" a été ouverte mardi contre le groupuscule d'extrême-droite Génération identitaire, suite à leur action anti-migrants dans les Pyrénées mardi 19 janvier.

Nouvelle enquête contre Génération identitaire. Le groupuscule d'extrême-droite est soupçonné de "provocation à la haine raciale" après leur opération anti-migrants dans les Pyrénées, à la frontière franco-espagnole, la semaine dernière.

Ces investigations sont justifiées par "des propos tenus sur [une] banderole très clairement anti-immigration et surtout la raison pour laquelle cette banderole a été déployée", a précisé le procureur de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) Christophe Amunzateguy. Une plainte de SOS Racisme a également été recueillie.

"Les gendarmes étaient partis initialement sur un simple renseignement judiciaire au regard de la nature de l'intrusion sur un site EDF (pour déployer la banderole). Les lieux n'étant pas clos, il n'y avait pas eu d'infraction", a précisé le procureur. Mais au regard des images de la banderole et des auditions des organisateurs, le procureur a souhaité "aller plus loin et voir" si des poursuites étaient possibles.

Une trentaine de militants de Génération identitaire dans des voitures sérigraphiées 'Défend Europe' s'étaient installées mardi 19 janvier au Col du Portillon, certains étaient partis en randonnée en utilisant un drone pour surveiller la frontière. Cette action entrait dans le cadre d'une campagne pour lutter, selon le groupe basé à Lyon, contre le "risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées".

Demande de dissolution

Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a évoqué mardi pour la première fois la dissolution du groupuscule. "J'ai demandé aux services du ministère de l'Intérieur de réunir les éléments qui permettraient (...) de proposer la dissolution de Génération identitaire", réclamée de longue date par plusieurs associations et partis politiques, a déclaré le ministre.

"Si les éléments sont réunis, je n'hésiterais pas à proposer la dissolution", a ajouté Gérald Darmanin, "scandalisé par le travail de sape de la République des militants de Génération identitaire".

De son côté, Génération identitaire se dit confiant. "II y a déjà beaucoup d'études qui ont été lancées pour nous dissoudre mais on n'a rien à nous reprocher, la justice approuve toutes nos actions", a réagi auprès de l'AFP Clément Gandelin dit "Galant", président du mouvement. "Gérald Darmanin n'arrivera pas à nous dissoudre facilement. On n'a jamais été condamné", a-t-il assuré.

En décembre, Génération identitaire et trois de ses cadres avaient été relaxés par la cour d'appel de Grenoble pour des précédentes opérations anti-migrants menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne.

Une dissolution difficile à mettre œuvre

En 2019, les dissolutions de plusieurs groupuscules d'ultradroite, dont Bastion social, Blood and Honour et Combat 18, ont été prononcées à la demande d'Emmanuel Macron, mais celle de Génération identitaire apparaît plus difficile à matérialiser.

"Ils sont plus malins que les autres, essaient autant que possible de ne pas franchir les lignes jaunes, mais poussent le bouchon à chaque fois un peu plus loin", souligne à l'AFP le ministère de l'Intérieur.

"La difficulté est juridique. Il faut matérialiser (ces) éléments. Génération Identitaire fait bien attention à ne pas tomber dedans dans toute sa production littéraire, sur le net ou ailleurs", explique à l'AFP une source sécuritaire.

Sur leur site internet, les propos sont pourtant loin d'être ambigus : "[...] La société multiculturelle, c’est le chaos, la guerre au coin de la rue. Vivre-ensemble ? Mais pourquoi devrait-on vivre avec ceux qui nous haïssent ? Quand a-t-on demandé ton avis ?", peut-on notamment y lire.

Les actions du groupuscule pourraient relever de "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine" ou "présentant, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées".

 

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