Tareq Alaows a lancé sa campagne cette semaine pour se présenter aux élections législatives de septembre | Photo : Metodi Popow/imago images
Tareq Alaows a lancé sa campagne cette semaine pour se présenter aux élections législatives de septembre | Photo : Metodi Popow/imago images

En 2015, Tareq Alaows a fui la guerre civile syrienne. Aujourd’hui, ce travailleur social le 31 ans veut devenir le premier réfugié de Syrie à être élu au Parlement allemand.

Il y a sept ans, Tareq Alaows étudiait le droit à Alep et à Damas avant que la guerre civile n’éclate en Syrie. Il fait alors partie de ceux qui espèrent encore que les manifestations pacifiques pourront changer la donne. Le jeune syrien apporte aussi son aide à l’effort humanitaire du Croissant-Rouge, jusqu’à devenir lui-même une cible du régime. Il hésite, mais décide finalement de prendre la fuite en juillet 2015.

Aujourd'hui, à 31 ans, il espère devenir le premier réfugié de Syrie à entrer au Bundestag, le Parlement allemand.

Après avoir fait une demande de naturalisation, Tareq Alaows a lancé cette semaine sa candidature pour représenter le parti des Verts à Oberhausen, dans la région de Rhénanie du Nord-Westphalie, dans l’ouest de l’Allemagne.

Les élections législatives se déroulent cette année le 26 septembre, quasiment six ans après que la chancelière Angela Merkel, qui ne se représente pas, a ouvert les frontières du pays à Tareq Alaows et à des centaines de milliers d'autres migrants tentant d’échapper à la guerre en Syrie, en Afghanistan et ailleurs.

La dernière élection générale remonte à 2017 et avait été marquée par un score historique pour le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), permettant à la formation d’extrême-droite de devenir une réelle force d’opposition au Parlement.

"En Allemagne, la Rhénanie du Nord-Westphalie, c’est chez moi. C’est ici, dans ma circonscription d'Oberhausen et de Dinslaken, qu’a débuté mon travail politique", a déclaré Tareq Alaows dans une de ses vidéos de campagne sur Twitter.



Pendant deux mois, Tareq Alaows s’était retrouvé avec des milliers d'autres migrant sur la tristement célèbre route des Balkans, avant de trouver refuge dans un gymnase de Bochum, une ville ouvrière située dans le bassin industriel de la Ruhr, également en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Choqué par les conditions de vie qu'il découvre en Allemagne, il co-fonde après quelques mois une initiative plaidant en faveur de meilleures conditions de logement pour les migrants et d’une plus grande participation de ces derniers dans les prises de décision. 

"Tout ce que je veux, c’est vivre dignement et en sécurité", explique-t-il au journal allemand Tagesspiegel.

Il apprend l’allemand en seulement six mois. Peu de temps après, Tareq Alaows se lance dans une nouvelle carrière de travailleur social et propose des conseils juridiques à d'autres réfugiés.

En 2018, alors que l’Europe débat une nouvelle fois avec véhémence de sa politique migratoire pendant que les naufrages de bateaux se multiplient en Méditerranée, il crée l'alliance "Seebrücke" qui milite pour le sauvetage des migrants en mer.

Devenir la voix des sans-voix

Candidat aux élections pour le parti des Verts, Tareq Alaows insiste notamment sur le lien qui existe entre changement climatique et politiques migratoires.

"La crise climatique va encore aggraver la situation des populations du Sud. C'est pourquoi une politique climatique équitable doit se concentrer sur les réfugiés et les migrations", a-t-il déclaré sur Twitter.

"En tant que premier réfugié syrien au Bundestag, je veux donner une voix politique aux centaines de milliers de personnes qui ont été forcées de fuir et qui vivent parmi nous". 

Si sa candidature est retenue, Tareq Alaows dit vouloir "être la voix de tous les réfugiés".

Source: dw.com

 

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