JANEK SKARZYNSKI AFP | Le siège de Frontex à Varsovie.
JANEK SKARZYNSKI AFP | Le siège de Frontex à Varsovie.

Les ennuis s’accumulent pour Frontex, l’agence de surveillance des frontières de l'UE.  Après avoir été accusée de refoulements illégaux de migrants, l’agence est aussi soupçonnée de fraudes et de harcèlement ainsi que de relations trop étroites avec l'industrie de l’armement. 

Des lobbyistes des industries de la surveillance et de l’armement font le siège de l’agence européenne chargée de la surveillance des frontières : c'est la conclusion d’une enquête menée par l’ONG Corporate Europe Observatory.

Selon l’organisation, en 2018 et 2019, 72% des lobbyistes reçus par Frontex n’étaient pas inscrits au registre européen de la transparence. C’est pourtant ce que prévoient les règles européennes.

Le budget de Frontex a explosé ces dernières années. À l'horizon 2027, l’agence doit disposer de 10 000 employés et se transformer en véritable corps de police doté de nombreux équipements, radars, drones, systèmes de reconnaissance faciale, de quoi attirer les représentants du secteur de la défense et de la sécurité. 

Une enquête du gendarme européen

L'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes est depuis l’automne dernier pointée du doigt dans une enquête de plusieurs médias, l'accusant d'être impliquée dans des incidents de refoulements de bateaux de demandeurs d'asile de Grèce vers la Turquie.

>> Pour tout comprendre : "L'agence européenne Frontex mise en cause dans des refoulements de migrants en mer Egée"

Le conseil d'administration de Frontex -composé de représentants d'États membres et de la Commission européenne- a mis en place un groupe de travail chargé d'enquêter sur le dossier, qui a donné aux dirigeants jusqu'au 26 février pour fournir des informations supplémentaires. Un nouveau conseil d'administration est prévu début mars.

L'Office européen de lutte antifraude (Olaf) a ouvert une nouvelle enquête visant Frontex. Selon des informations de plusieurs médias, dont le quotidien français Libération et l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, cette procédure porte sur des accusations de fraude et de harcèlement envers des membres du personnel de Frontex.

 

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