Il neige à Calais où vivent près de 1000 migrants cachés dans les environs. Crédit : Care4Calais/January 2021
Il neige à Calais où vivent près de 1000 migrants cachés dans les environs. Crédit : Care4Calais/January 2021

En prévision du grand froid attendu dans le nord de la France, l’État a annoncé dimanche l'ouverture de places d’hébergement d’urgence supplémentaires à Calais et à Grande-Synthe. Des solutions jugées insuffisantes et surtout peu accessibles aux migrants, s'inquiètent les associations sur place.

Il neige nuit et jour à Calais et à Grande-Synthe, dans le nord de la France. Dimanche 7 février, l’État a donc décidé d’ouvrir des places d’urgence supplémentaires pour mettre à l’abri les migrants qui vivent dans la rue.

À Grande-Synthe, ce sont 170 places qui ont été débloquées. "Sans attendre, compte-tenu notamment du nombre de personnes migrantes qui stationnent toujours sur le littoral dunkerquois, le préfet a pris la décision de poursuivre et d’amplifier les mises à l’abri. Ce week-end [le 6 et 7 février], 170 places d’hébergement supplémentaires [ont été] proposées et 78 personnes ont d’ores-et-déjà accepté cette mise à l’abri", peut-on lire dans un communiqué de la préfecture du Nord qui insiste en outre sur le fait que ces "décisions d’urgence" ne constituent pas une solution durable". Le préfet incite les migrants à déposer une demande d'asile.

"Les migrants ne veulent pas s'éloigner du littoral"

Sur le terrain, Utopia 56 et l’Auberge des migrants restent sur leurs gardes : "Où se trouvent ces 170 places ?", s’interroge Laure, coordinatrice de l’association Utopia 56 à Grande-Synthe, contactée lundi 8 février par InfoMigrants. "Nous n’arrivons pas à avoir plus d’informations".

Selon elle, l’ouverture de places d’urgence est une bonne chose, à condition qu’elles soient près du littoral. "C’est toujours le même problème : les exilés ne veulent pas s’éloigner de Grande-Synthe et de Dunkerque, puisqu’ils veulent aller en Angleterre" explique-t-elle. "Beaucoup refuse donc des places d’hébergements dans des centres éloignés". Le 115 n’est non plus une solution. "Ils n’ont que 20 places à Dunkerque, c’est donc presque impossible de faire dormir les gens là-bas". Utopia 56 estime que 500 personnes vivent toujours à la rue dans la ville. 

"La situation est désolante", déplore de son côté, Claire Millot, de l'association Salam, qui distribue des repas au bois du Puythouck, à Grande-Synthe.

"On espère qu’il n'y aura pas de drame"

À Calais aussi, des mesures contre la vague de froid ont vu le jour : deux hangars vont rester ouverts jusqu’au 15 février. L’un accueillera les mineurs, l’autre les majeurs. "C’est une bonne chose de les ouvrir, mais y accéder est compliqué : il faut y aller en bus, on ne peut pas se présenter devant", déplore Siloé, coordinatrice d’Utopia 56 à Calais. "Et les bus prennent en charge les migrants entre 16h30 et 18h30 uniquement, il n’y a donc pas de prise en charge le soir et la nuit".

Les autres solutions sont rares : "Notre réseau d’hébergement citoyens est encore assez faible à Calais. Nous appelons chaque soir le 115. Mais c’est toujours la même chose : tous les soirs, il est saturé."

Pour pallier au plus urgent, Utopia 56 organise donc des maraudes anti-hypothermie à Calais et Grande-Synthe. "L’urgence est là. Nous distribuons du bois [pour faire du feu], nous distribuons des chaufferettes, des couvertures de survie", continue Siloé qui estime qu’environ 800 personnes dorment à la rue à Calais. La situation sera particulièrement critique dans la nuit de jeudi à vendredi. "Les températures devraient descendre jusqu’à -6, -7 degrés. On espère qu’il n’y aura pas de drame".

 

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