Paris sous la neige, le mercredi 10 février. Crédit : Reuters
Paris sous la neige, le mercredi 10 février. Crédit : Reuters

En réaction aux températures glaciales à Paris et dans ses environs, l'Etat a lancé le plan "Grand froid" pour les personnes à la rue. Près de 940 nouvelles places d'hébergement sur toute l'Ile-de-France, dont 614 à Paris, ont été débloquées par les autorités.

La préfecture d'Ile-de-France a annoncé, mercredi 10 février, l'activation du plan Grand Froid dans la région. En réaction aux températures glaciales et aux chutes de neige sur la capitale et ses environs, "l'Etat renforce son soutien aux personnes à la rue", indique-t-elle dans un communiqué.

Depuis lundi, 938 nouvelles places d'hébergement, dont 614 à Paris, ont été débloquées par les autorités. À Paris, un gymnase d'une cinquantaine de places, situé dans le 20e arrondissement, une halte pour femmes, située au Carreau du temple dans le 3e arrondissement, et une salle de l'ancienne mairie du 4e arrondissement dédiée à 30 hommes isolés, ont été réquisitionnés pour faire face à la situation, précise-t-on du côté de la mairie. 

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Une vigilance accrue est aussi mise en place dans les rues avec "des maraudes renforcées et des effectifs triplés" dans la capitale. "Toutes les équipes de maraudes, pédestres, véhiculées et nocturnes (Samu Social de Paris, Ville de Paris, associations, etc.) sont renforcées. Elles iront à la rencontre de tous les publics, y compris dans les zones les moins accessibles comme le bois de Vincennes", précisent les services de l'Etat. La durée de ce dispositif dépendra des conditions climatiques.

150 jeunes et une quinzaine de familles à la rue à Paris, selon Utopia 56

Le déblocage de ces places d'hébergement était attendu de pied ferme par les associations. "Ça bouge, ça fait du bien", a réagi Yann Manzi, fondateur d'Utopia 56. "Ce ne sera pas suffisant mais c'est déjà un début."

Le nombre de migrants sans solution de logement est difficile à déterminer. Mercredi, 150 jeunes migrants, en procédure de recours pour faire reconnaître leur minorité, étaient encore à la rue à Paris, selon Utopia 56. "En plus de ces jeunes, il y a aussi une quinzaine de familles, soit une trentaine de personnes pour lesquelles nous devons trouver des solutions au jour le jour, via les hébergements solidaires", expliquait Kerill Theurillat, coordinateur d'Utopia 56, mercredi. 

"Le but, c'est que ces personnes soient prises en charge par les services de l'Etat." Dans la nuit de mercredi à jeudi, Utopia 56 a organisé trois maraudes, au lieu d'une en temps normal, pour "rameuter" des personnes en situation de précarité et les informer sur le nouveau dispositif à l'œuvre.

Utopia 56 explique l'incapacité à dénombrer le nombre de personnes à la rue par la dispersion de ce public en raison de la pression policière mais aussi du froid. "Etant donné qu'il n'est plus possible de former de nouveaux camps, les personnes sont éparpillées et cela complique le comptage, poursuit Kerill Theurillat. Et aussi, lorsque les températures sont vraiment extrêmes, comme c'est le cas en ce moment, les personnes à la rue vont dormir chez des amis ou dans des squats. C'est difficile de garder leur trace."

 

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