Un incendie a ravagé une partie du camp de migrants de Nijar, dans le sud de l'Espagne, samedi 13 février. Capture d'écran de la BBC
Un incendie a ravagé une partie du camp de migrants de Nijar, dans le sud de l'Espagne, samedi 13 février. Capture d'écran de la BBC

Un incendie a détruit, samedi, des dizaines de cabanes de fortune du bidonville de Nijar, qui abrite plus de 1000 travailleurs sans papiers, dans le sud de l'Espagne. Des centaines de migrants, ouvriers dans les serres agricoles de la région, se retrouvent sans abri.

Un incendie a ravagé une grande partie du camp de travailleurs migrants à Nijar, dans le sud de l’Espagne, dans la nuit du samedi 13 février. Le feu, qui s’est déclaré vers 22h, a été particulièrement violent. La plupart des toits du camp de Nijar sont en plastique, ce qui a entraîné une propagation plus rapide des flammes. 

Dès le départ de l'incendie, plusieurs personnes ont appelé les services d'urgence qui ont déployé d’importants moyens. "Le feu ne s'est éteint qu'à 2h45 du matin car il y avait beaucoup de gens qui tentaient de récupérer leurs biens. Cela a rendu le travail difficile", a déclaré une source espagnole à El Pais. Les autorités espagnoles ont indiqué que l'origine de l'incendie restait pour l'heure inconnue.

Deux cents personnes se retrouvent aujourd’hui sans abri. Le camp compte environ 1200 personnes. "Le problème ne concerne pas seulement ceux qui se retrouvent sans logement, mais aussi ceux dont les cabanes sont inutilisables cause de la suie et des ravages de la fumée", a déclaré une employé d'une ONG sur place, interrogée par El Pais.

Ce n'est pas la première fois qu'un incendie touche ce camp de travailleurs. Au mois de décembre, les flammes avaient déjà détruit une partie du bidonville.

La quasi totalité des migrants - marocains et africains subsahariens - du camp de Nijar travaillent dans les champs et les serres d'Almeria, une région d'où provient une grande partie des fruits et légumes en Europe.

Ces migrants ne gagnent qu'une trentaine d'euros par mois

Leurs conditions de vie sont très précaires. Vivant loin des villes, dans des abris de fortune, ils font face au quotidien sans eau courante, ni électricité. La plupart de ces travailleurs ne gagnent qu’une trentaine d’euros par mois. Pas assez pour louer un logement décent. 

Leurs conditions de vie se sont aggravées depuis le début de l’épidémie de coronavirus en Espagne. 

Le 16 avril dernier, 27 ONG de défense des migrants avaient lancé un appel à la régularisation de ces travailleurs sans-papiers employés dans l'agriculture. "Des milliers de travailleurs agricoles migrants - ressortissants de l'UE ou non - vivent dans des cabanes et des campements insalubres, où il est impossible d'observer une distance physique et où la pandémie pourrait avoir des effets dévastateurs. Dans les champs et dans de nombreuses usines de transformation des aliments, les ouvriers travaillent à proximité les uns des autres sans aucun équipement de protection", avait alors dénoncé Caritas, l’une des ONG signataires.

 

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