Des militants du "collectif réquisition", accompagnés de sans-abri, ont occupé samedi 13 février l'Hôtel-Dieu à Paris pour réclamer des hébergements. Crédit : Utopia 56
Des militants du "collectif réquisition", accompagnés de sans-abri, ont occupé samedi 13 février l'Hôtel-Dieu à Paris pour réclamer des hébergements. Crédit : Utopia 56

Environ 80 personnes à la rue, principalement des migrants, ont trouvé des places en centre d'urgence et en hôtel à la suite d'une action, samedi, du "collectif réquisition". Ces militants, accompagnés de sans-abri, avaient occupé des ailes vides de l'hôpital Hôtel-Dieu à Paris, pour réclamer des hébergements.

L'opération aura été une petite "réussite". Alors qu'une vague de froid frappe la capitale, des associations regroupées dans le "collectif réquisition" ont mené une action, samedi 13 février, visant à "rendre visibles" les personnes à la rue en occupant l'hôpital parisien de l'Hôtel-Dieu, dont plusieurs ailes sont vides.

Quelque 200 personnes, dont une large majorité de militants, ont pris part à cette opération baptisée "On se met au chaud" dans cet établissement parisien emblématique, avant d'être délogées des lieux par les forces de l'ordre dans une ambiance calme. Le but : obtenir des hébergements pour tous ceux à la rue.

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Cela a porté ses fruits : dans la soirée, 80 sans-abri ont été placés en centre d'hébergement d'urgence ou en hôtel, notamment dans les 19e et 18e arrondissements de Paris. Il s'agit pour la plupart de migrants, dont des jeunes en attente de reconnaissance de leur minorité, en procédure de demande d'asile. Les hommes ont été redirigés vers le Paris Event Center, une halle d'exposition de la Villette transformée en structure d'accueil d'urgence, et les familles ainsi que les femmes ont été logées dans un hôtel Ibis. 

Les familles, notamment, étaient jusque-là habituées à passer la nuit "chez des tiers ou dans des voitures", précise Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL (Droit au logement), une des associations fondatrices du "collectif réquisition" avec Utopia 56. "C'est encourageant, c'est comme ça qu'on arrive à créer un mouvement de solidarité", dit-il.

"C'est dramatique de devoir en arriver là"

L'opération a été décidée suite à l'activation du plan "Grand Froid" en Ile-de-France la semaine dernière, un dispositif décrit comme insuffisant. Selon les associations, malgré l'ouverture de places d'hébergement d'urgence, des centaines de personnes restent en effet toujours à la rue.

"Il y a eu des solutions proposées [à la suite de l'action de samedi], c'est une bonne chose. Maintenant on verra si c'est sur du long terme. Mais c'est dramatique de devoir en arriver là pour trouver des logements", a réagi Yann Manzi, d'Utopia56, précisant "ne plus vouloir de campement de migrants, comme le préfet [de police de Paris] Lallemant, mais des logements".

Pour pousser les autorités à agir par rapport aux personnes à la rue, le collectif a déposé ces dernières semaines des demandes de réquisition auprès de la préfecture en ce qui concerne 450 lieux inoccupés dans la capitale.

Le 24 janvier, le collectif avait déjà occupé une ancienne école maternelle du XVIe arrondissement de Paris pour demander un hébergement pour environ 300 migrants. Ils avaient été mis à l'abri temporairement dans des gymnases parisiens puis orientés vers des centres d'hébergement.

 

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