Ce migrant se cachait dans des cendres toxiques à bord d'un navire amarré au port de Melilla, l'une des deux enclaves espagoles situées au nord du Maroc. Crédit : capture d'écran Guardia civil
Ce migrant se cachait dans des cendres toxiques à bord d'un navire amarré au port de Melilla, l'une des deux enclaves espagoles situées au nord du Maroc. Crédit : capture d'écran Guardia civil

Un quarantaine de migrants ont été découverts vendredi au port espagnol de Melilla dans le nord du Maroc - d'où ils espéraient rejoindre l'Espagne continentale. Malgré la dangerosité, certains étaient dissimulés dans des conteneurs de verre destinés au recyclage et l'un d'entre eux a même été trouvé dans un sac de cendres toxiques.

Des tentatives pour rejoindre l'Europe toujours plus périlleuses. La Garde civile espagnole a annoncé lundi 22 février avoir découvert trois jours plus tôt un migrant clandestin dissimulé dans un sac contenant des déchets toxiques à bord d'un bateau amarré au port de Melilla, l'une des deux enclaves espagnoles situées au nord du Maroc.

Encore vivant mais affaibli, l'homme se trouvait "à l’intérieur d’un sac hermétique en plastique qui contenait des cendres volantes venant d’un incinérateur (...) Une matière recensée sur la liste européenne des déchets toxiques", a indiqué la Garde civile dans un communiqué.

L’agent qui a découvert ce migrant a d’abord aperçu "la jambe inerte d’une personne", laissant penser que celle-ci était décédée. L'homme a finalement "repris connaissance" au moment de son extraction du sac de cendres, a poursuivi la Garde civile.

Comme lui, d'autres migrants ont été découverts le même jour au port de Melilla, cachés notamment dans des conteneurs remplis d'objets en verre et de tessons de bouteilles tranchants destinés au recyclage. 

Au total, la Garde civile a recensé vendredi 41 migrants tentant d’embarquer dans des bateaux pour entrer en Espagne "de manière irrégulière", à bord de camions et d’autres véhicules présents sur le port.

Environ 1 500 arrivées clandestines à Melilla en 2020

Melilla et Ceuta représentent les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique. Devant la dangerosité de plus en plus connue de la traversée de la Méditerranée depuis la Libye ou la Tunisie, les deux enclaves espagnoles sont considérées comme des points d’entrée privilégiés pour ceux qui veulent rejoindre clandestinement l'Europe, généralement en escaladant la clôture frontalière ou en nageant le long de la côte. 

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Une fois sur place, nombreux sont ceux qui souhaitent se rendre en Espagne continentale soit pour poursuivre leur chemin ailleurs en Europe, soit pour y demander l'asile dans de meilleures conditions.

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L'année dernière, environ 1 500 migrants sont arrivés à Melilla contre 300 en 2018. L'Espagne a comptabilisé 41 861 migrants entrés illégalement en 2020 sur l'ensemble de son territoire aussi bien par voie maritime que terrestre, soit une hausse de 29% par rapport à 2019.

Plus de la moitié de ces migrants (23 023) sont arrivés sur des embarcations de fortune aux Canaries. Cet archipel espagnol situé au large des côtes africaines atlantiques a connu une multiplication par plus de huit des arrivées de migrants illégaux l’an dernier. 

Des migrants cachés dans des cartons, des cercueils, de l'argile...

Il n'y a pas qu'en Espagne que des tentatives de plus en plus désespérées pour rejoindre l'Europe sont rapportées. En octobre 2019, 39 migrants vietnamiens avaient été retrouvés morts près de Londres dans un camion frigorifique provenant de Belgique.

Plus tôt cette année-là, en France, un migrant irakien avait été découvert caché dans un cercueil pour traverser le tunnel sous la Manche, tandis qu'un passeur dissimulait des migrants dans des cartons d'à peine un mètre de long à destination de l'Angleterre.

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Plus récemment, au printemps 2020 en Slovénie, la police a découvert 30 migrants proches de la suffocation qui se cachaient sous des monticules d'argile de construction dans un train de marchandises.

 

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