Des migrants dans un centre de détention à Zawiyah, à 45 kilomètres à l’ouest de la capitale libyenne Tripoli, le 17 juin 2017 (photo d'illustration). Crédit : AFP
Des migrants dans un centre de détention à Zawiyah, à 45 kilomètres à l’ouest de la capitale libyenne Tripoli, le 17 juin 2017 (photo d'illustration). Crédit : AFP

La situation est toujours aussi difficile pour les migrants coincés en Libye en attente de traverser la Méditerranée. Elle n'est pas meilleure pour ceux qui tentent de travailler afin d'envoyer de l’argent à leur famille restée au pays.

58 LIBYE _Enrobé MATIN - Situation des migrants à Tripoli

De notre envoyée spéciale à Tripoli, Aabla Jounaïdi

Les migrants en Libye sont quotidiennement victimes d'exploitation, de violences ou de racisme. Beaucoup ont aussi enduré la guerre, comme Mamadou, un jeune Guinéen de 19 ans victime d’un bombardement de drone pendant la guerre de 2019 à Tripoli.

Arrivé en Libye en 2018 avec le rêve de passer en Italie et de jouer au football, Mamadou est rattrapé par la réalité la plus violente lorsqu’en sortant du travail, le pick-up au dos duquel il se trouve est frappé par un drone piloté par les forces de Khalifa Haftar. "J’ai couru, j’ai couru, sans aide pour m’en sortir", témoigne-t-il.

Le pick-up appartient en fait à un puissant chef de milice mort sur le coup qui fait travailler Mamadou et des dizaines d’autres pour rien sur un site sensible, tout proche de l’aéroport. Le jeune homme devra son salut au médecin ému qui le soignera et le ramènera chez lui. "C’est le seul Libyen qui m’a aidé. C’est lui qui m’a caché là-bas. Si j’y retournais, c’était le travail forcé."

Malgré son bras cassé, Mamadou a recommencé à travailler samedi dernier. Il espère toucher un salaire pour pouvoir enfin partir en Italie. "Actuellement, je travaille, mais ma main me fait mal, très mal. Si je prends un poids lourd, ça me fait mal. Je travaille actuellement pour gagner mon transport pour partir. Inch’Allah. Le ramadan arrive. Je veux partir."

 

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