Vue générale du camp de Lipa, près de Bihac, le 18 février 2021. Crédit : Antonio Bronic/Reuters
Vue générale du camp de Lipa, près de Bihac, le 18 février 2021. Crédit : Antonio Bronic/Reuters

Deux des principaux squats de Bihac, en Bosnie, ont été évacués mercredi matin. Les quelque 380 personnes qui y vivaient ont été transférées vers le centre de Lipa, a rapporté une journaliste sur place.

Les évacuations ont commencé tôt mercredi 24 février. La police bosnienne a évacué les 380 migrants qui vivaient dans deux des principaux squats de la ville de Bihac, dans le nord de la Bosnie, a rapporté sur Twitter la journaliste Franziska Grillmeier.

La première évacuation s’est passée dans une fabrique de papier abandonnée où logeaient environ 200 personnes. La seconde, dans une maison de retraite abandonnée, dans le centre de Bihac, abritant quelque 180 migrants.

Les exilés ont été évacués en bus vers le centre de Lipa, à une trentaine de kilomètres de Bihac. Dans ce camp détruit par un incendie en décembre dernier, peu de migrants obtiennent une place sous tente.

"Des centaines de migrants vivent dans des abris de fortune. Les conditions de vie sont désastreuses, sans eau courante et avec peu d’accès à des toilettes chimiques fonctionnelles", selon l’ONG catholique italienne Caritas Ambrosiana, qui s’apprête à débuter la construction d’une cantine dans le camp.

Beaucoup de nouveaux arrivants n'y restent donc pas. "La plupart des personnes expulsées retournent à pied de Lipa à Bihac, car il n'y a jamais assez de places dans le camp", explique la journaliste Franziska Grillmeier.

Les températures de ces dernières semaines descendant souvent en dessous de zéro ont rendu la vie des migrants du camp de Lipa particulièrement insupportables. Un médecin allemand qui a passé une semaine à soigner des migrants dans le canton d’Una-Sana - où se trouvent Bihac et Lipa - a déclaré à InfoMigrants à la mi-janvier qu'il était "certain que des gens y [étaient] morts".

En visite en Bosnie le 18 février, la commissaire européenne chargée des migrations, Ylva Johansson, a pressé les autorités à améliorer les conditions d’accueil des personnes dans le pays. Elle a notamment insisté sur la nécessité de reconstruire rapidement le camp de Lipa.

Environ 9 000 personnes migrantes, originaires d'Asie, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord sont actuellement bloquées dans ce pays des Balkans sur leur route vers des pays européens plus riches.

 

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