Un sauvetage au large des Canaries. Crédit : Reuters
Un sauvetage au large des Canaries. Crédit : Reuters

Quatorze passeurs, dont une femme, ont été interpellés aux Canaries, a annoncé la police espagnole mercredi. Les trafiquants présumés sont accusés d'avoir transporté des centaines de migrants des côtes africaines vers les Canaries, dont trois sont morts dans la traversée de l’Atlantique.

Les autorités espagnoles ont arrêté mercredi 24 février quatorze passeurs "identifiés par les migrants comme les organisateurs des traversées et les personnes chargées de conduire" les embarcations de fortune dans lesquelles sont arrivés les exilés en décembre et en janvier, a expliqué la police dans un communiqué. Selon un porte-parole de la police, les passeurs, âgés de 19 à 45 ans, sont originaires du Maroc, du Mali, de Gambie, de Mauritanie et de Guinée. Parmi eux, se trouve une femme.

En l’espace de deux mois, les trafiquants présumés ont transporté au total 237 personnes, dont 26 mineurs, "sans aucune mesure de sécurité, sans gilet de sauvetage, nourriture ou boisson", a souligné la police. En raison des "conditions sordides" des traversées, trois personnes sont mortes dont un enfant de neuf ans "dont le corps fut jeté par-dessus bord en pleine mer", a ajouté la police. "Une fois sauvée, sa mère a essayé de mettre fin à ses jours en se jetant à la mer et a dû être transférée vers un hôpital en état de choc", peut-on encore lire dans le communiqué.

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Ces passeurs, qui facturaient la traversée des côtes africaines aux Canaries entre 2 000 et 2 500 euros, sont accusés d’avoir favorisé l’immigration illégale tandis que six d’entre eux impliqués dans les traversées où sont morts des migrants, sont également accusés d'homicide involontaire. Trois des passeurs sont en outre accusés d'appartenance à une organisation criminelle.

En 2020, 23 023 migrants sont arrivés sur l'archipel des Canaries, soit huit fois plus que les 2 687 personnes enregistrées l'année précédente, selon le ministère espagnol de l'Intérieur. La dangereuse route entre le nord-ouest de l'Afrique et les Canaries est de nouveau empruntée par les migrants alors que des accords conclus entre l'Union européenne et la Turquie, la Libye et le Maroc ont réduit les flux migratoires en Méditerranée.

 

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