Vue générale du camp de Kara Tepe, à Lesbos. Crédit : Reuters
Vue générale du camp de Kara Tepe, à Lesbos. Crédit : Reuters

Une demandeuse d’asile afghane de 26 ans, enceinte de huit mois, a tenté de s’immoler par le feu dimanche dans le camp de Kara Tepe, sur l’île grecque de Lesbos. Poursuivie pour incendie volontaire, elle doit être présentée jeudi au parquet.

Une demandeuse d’asile afghane âgée de 26 ans et enceinte de huit mois a tenté de s’immoler par le feu dimanche dernier dans le nouveau camp provisoire de Kara Tepe, sur l’île grecque de Lesbos.

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Selon le site d’information en ligne grec Stonisi, elle doit être présentée jeudi 25 février au parquet pour répondre des accusations d’incendie volontaire.

La jeune femme, déjà mère de deux enfants, a survécu. Après l'intervention de la police et des pompiers, elle a été hospitalisée à Mytilène avec d’importantes brûlures au visage, précise Stonisi.

Examinée par un psychologue, elle a expliqué son geste par le fait qu’elle et sa famille devaient être transférées en Allemagne mais que l’opération a été annulée au dernier moment.

Kara Tepe, un camp insalubre

Construit en septembre dernier à la suite de l'incendie qui a détruit le camp de Moria, le camp provisoire de Kara Tepe n'a ni eau, ni électricité courante. Situé en bord de mer, sur un ancien terrain militaire, il est régulièrement balayé par les vents et inondé par les pluies.

Plus de 6 000 personnes y vivent depuis le mois de septembre dans des conditions désastreuses, en attendant leur transfert vers le continent puis vers un autre pays européen.

Mais la pandémie a très fortement ralentit les transferts de demandeurs d'asile depuis la Grèce vers les autres pays membres de l'Union européenne (UE).

Environ 116 réfugiés, dont 30 familles avec enfants, ont pu quitter la Grèce le 17 février, pour Hanovre, en Allemagne. Ce transfert a été l'un des rares ayant pu être mis en place ces derniers mois.

Peu de relocalisations

Après l'incendie du camp de Moria, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis et la chancelière allemande Angela Merkel s'étaient mis d'accord sur la relocalisation de 1 553 réfugiés de Lesbos en Allemagne. 

Mais jusqu'à présent, en raison des difficultés liées à la pandémie de coronavirus, seuls 449 réfugiés ont été relocalisés en Allemagne.

Les ONG qui viennent en aide aux migrants soulignent que ces transferts sont "la seule solution durable" face à la situation en Grèce.

Un nouveau camp doit également être construit à Lesbos. Le 3 décembre dernier, l'UE et Athènes ont conclu un accord sur la construction de ce nouveau camp fermé, malgré la contestation des ONG, des personnes migrantes et des habitants de l'île.

 

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