Vue de la région forestière à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. Crédit : Google Street View
Vue de la région forestière à la frontière entre la Croatie et la Bosnie. Crédit : Google Street View

Un migrant a été tué et plusieurs autres gravement blessés par l’explosion d’une mine antipersonnel en Croatie, non loin de la frontière bosnienne, dans la région de Saborsko. Plus de vingt ans après la guerre, la région, couverte de forêts, est encore infestée de ces engins que les autorités peinent à enlever.

Un migrant a été tué et plusieurs autres blessés dans l'explosion d'une mine antipersonnel en Croatie, dans une zone infestée de mines depuis la guerre des années 1990, a annoncé vendredi 5 mars la police.

"Un homme jeune qui a marché sur l'engin explosif a été tué et plusieurs autres personnes du groupe ont été blessées", a déclaré la même source.

Les migrants qui se déplaçaient en groupe venaient de franchir illégalement la frontière entre la Bosnie et la Croatie lorsqu'ils se sont retrouvés dans une forêt infestée de mines, dans la région de Saborsko, explique la police dans un communiqué.


La région de Saborsko se trouve non loin de Bihac, en Bosnie, où des milliers de migrants patientent avant d'essayer de traverser la frontière. Crédit : Google image
La région de Saborsko se trouve non loin de Bihac, en Bosnie, où des milliers de migrants patientent avant d'essayer de traverser la frontière. Crédit : Google image


Avertie par un habitant, la police a retrouvé les victimes sur place peu après l'accident, alors qu'une dizaine d'autres migrants avaient fui.

>> À (re)lire : Migrants : que fait l’UE sur les violences aux frontières dans les Balkans ?

Identifiés lors d'un survol de la zone en hélicoptère, les migrants ont attendu de longues heures avant que les forces spéciales fraient un corridor de 500 mètres pour les faire sortir.

Quatre blessés ont été hospitalisés, dont un dans un état grave.

La police n'a pas dévoilé la nationalité des migrants, mais l'hôpital d'Ogulin, ville la plus proche, a indiqué deux d'entre eux étaient des ressortissants pakistanais.

Plus de 200 personnes tuées par des mines depuis les années 1990

Près de 300 km carrés sont toujours considérés comme zone suspecte en Croatie, 25 ans après la guerre d'indépendance (1991-1995). Beaucoup de ces engins avaient été placés dans la région de manière improvisée et parfois par du personnel non-militaire.

De couleur verte ou grise, souvent cachées sous les feuilles ou enfouies peu profondément sous la terre, les mines antipersonnels sont très difficilement identifiables.


Un exemple de mines antipersonnels. Crédit : Wikipedia
Un exemple de mines antipersonnels. Crédit : Wikipedia


Plus de 200 personnes ont été tuées dans des explosions de mines depuis la fin du conflit, selon les chiffres officiels.

Pays membre de l'Union européenne, la Croatie se trouve sur la "route des Balkans" empruntée chaque années par plusieurs dizaines de milliers de personnes fuyant les guerres et la pauvreté au Proche-Orient, en Asie et en Afrique, et qui souhaitent se rendre en Europe occidentale.

 

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