Le front de mer de la ville portuaire de Thessalonique dans le nord de la Grèce. Crédit : Google Street View.
Le front de mer de la ville portuaire de Thessalonique dans le nord de la Grèce. Crédit : Google Street View.

Des pompiers grecs ont découvert trois corps de migrants vraisemblablement algériens après l'incendie d'un bâtiment abandonné du centre-ville de Thessalonique, dans le nord de la Grèce. Un quatrième migrant blessé, d'origine marocaine, a survécu.

Les corps de trois migrants algériens ont été découverts par des pompiers qui intervenaient pour un incendie dans un bâtiment abandonné du centre-ville de la ville portuaire de Thessalonique, dans le nord de la Grèce continentale, rapporte l'agence AP.  

Selon les pompiers, les trois hommes semblaient avoir élu domicile au troisième étage du bâtiment abandonné et délabré. Ils seraient décédés de suites d'inhalations de fumée après avoir allumé un feu pour se réchauffer, selon les autorités locales. Une enquête a été ouverte.

Un quatrième homme se présentant comme Marocain auprès des autorités a survécu.

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Des milliers de migrants arrivent clandestinement en Grèce chaque année, principalement depuis la Turquie voisine. Si certains décident de demander l'asile en Grèce dans l'un des hotspots saturés des îles de la mer Égée, d'autres continuent leur chemin vers le nord du pays, souvent dans l'espoir de gagner un autre pays de l'Union européenne.

Des squats ou la rue

Sans solution d'hébergement, nombreux sont ceux qui se retrouvent à dormir à la rue ou à squatter des bâtiments abandonnés comme à Thessalonique en attendant de poursuivre leur route.

À Athènes, le quartier rebelle d'Exarcheia est notamment connu pour abriter de nombreux squats de migrants. Ceux-ci font toutefois régulièrement l'objet de descentes de police depuis que le Premier ministre conservateur grec, Kyriakos Mitsotakis, a promis en 2019 de remettre de l'"ordre" à Exarcheia.

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Dans les camps des îles de la mer Égée, la situation demeure critique. En particulier sur l'île de Lesbos où le camp provisoire de Kara Tepe construit à la hâte après l'incendie de celui de Moria abrite plus de 6 000 personnes, sans eau ni électricité courante.

Après l'incendie de Moria, le Premier ministre grec et la chancelière allemande Angela Merkel s'étaient mis d'accord sur la relocalisation de 1 553 réfugiés de Lesbos en Allemagne. Mais jusqu'à présent, en raison des difficultés liées à la pandémie de coronavirus, seuls 449 réfugiés ont été relocalisés en Allemagne. 

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Les ONG qui viennent en aide aux migrants soulignent que ces transferts sont "la seule solution durable" face à la situation en Grèce, le continent ne disposant pas assez de structures d'accueil pour décharger les îles.

 

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