Evacuation d'un campement de migrants, près de l'hôpital de Calais, le 2 septembre 2020. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants.
Evacuation d'un campement de migrants, près de l'hôpital de Calais, le 2 septembre 2020. Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants.

L’IGPN a ouvert une enquête à la suite de la plainte déposée en janvier par un migrant érythréen qui affirme avoir été victime d’un tir de LBD à Calais. L'homme de 45 ans a subi de multiples fractures.

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a ouvert une enquête à la suite de la plainte déposée en janvier par un demandeur d’asile érythréen de 45 ans gravement blessé par un tir de LBD (lanceurs de balles de défense) à Calais, a indiqué mercredi 11 mars le parquet de Boulogne-sur-Mer à l’AFP.

Me Étienne Noël, l’avocat de cette personne, va également déposer devant le tribunal administratif de Lille "d'ici cette fin de semaine" une double requête en référé expertise pour réclamer la nomination d'un médecin légiste et d'un expert en balistique.

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"Rétablir le calme"

La plainte, révélée par Médiapart et Libération, a été déposée le 25 janvier et transmise à l'IGPN le 18 février, précise le parquet. 

Les faits remontent au 11 novembre 2020. Ce jour-là, les CRS "ont tiré" sur un groupe d'une dizaine de migrants "avec des armes ressemblant à des LBD", après des premiers "tirs de grenades lacrymogènes" pour les disperser alors qu'ils étaient sur leur "camp de vie" à Calais.

De son côté, la préfecture a défendu les forces de l'ordre. Selon elle, le 11 novembre, les CRS sécurisaient une intervention des pompiers portant assistance à un migrant blessé au cours d'une rixe quand ils ont été caillassés. C'est "pour rétablir le calme" qu'usage avait été fait "de plusieurs grenades lacrymogènes et de cinq tirs LBD".

Fractures au front, aux orbites et aux dents

Me Noël précise que "les tirs de LBD ont été faits à 8-9 m, très en deçà de la distance réglementaire, de surcroît au niveau de la tête".

"Le choc a été extrêmement violent", ajoute le conseil. L’Érythréen, qui a déposé une demande d'asile politique en France et réside aujourd'hui dans un foyer à Calais, "a subi de nombreuses fractures, au front, aux orbites et aux dents". "Nous voulons retourner contre l'État l'arme du droit", a conclu Étienne Noël.

Cette accusation de tirs LBD au visage avait été portée le 17 novembre dans une lettre ouverte des migrants érythréens de Calais, diffusée par l'ONG Human Rights Observers.

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