La petite de deux ans avait été ranimée depuis le quai du port d'Arguineguin, après le sauvetage. Crédit : Reuters
La petite de deux ans avait été ranimée depuis le quai du port d'Arguineguin, après le sauvetage. Crédit : Reuters

Une fillette malienne de deux ans qui avait été secourue au large des îles Canaries sur une embarcation de fortune aux côtés d'une cinquantaine de migrants africains est morte dimanche à l'hôpital, ont annoncé les autorités de l'archipel espagnol.

Après plusieurs jours passés entre la vie et la mort à l'hôpital, une fillette d'origine malienne âgée de deux ans est décédée des suites d'une sévère hypothermie, dimanche 21 mars, ont annoncé les autorités de l'archipel espagnol des Canaries. Il s'agit de la 19e victime connue sur cette route migratoire en 2021.

La petite fille avait été secourue mardi soir aux côtés de 51 autres migrants qui se trouvaient sur une embarcation de fortune au large de l'île de Grande Canarie. À leur arrivée au port d'Arguineguin, elle avait été remise, inconsciente, à des soignants de la Croix-Rouge qui avaient réussi à la ranimer directement à même le sol, depuis le quai.

L'enfant avait ensuite été transportée d'urgence dans un hôpital de Las Palmas de Grande Canarie, principale ville de l'île, où elle est décédée dimanche, a indiqué un porte-parole du département de la santé du gouvernement régional. Comme elle, près d'une quinzaine de passagers du canot ont dû être transférés à l'hôpital pour cause d'hypothermie. 

Selon la presse locale, la petite victime, qui était accompagnée de sa mère et de sa sœur aînée, a été victime d'un arrêt cardiaque lors de la traversée, à cause de son état d'hypothermie. 

"C'est un choc pour notre conscience à tous"

"Nabody est le visage du drame humanitaire que représente l'immigration", a déclaré sur Twitter le président de la région des Canaries, Ángel Víctor Torres, en utilisant le prénom donné à cette petite fille par les médias et démenti depuis par l'un des médecins de l'hôpital où elle a été soignée. Son véritable nom n'a pas été dévoilé.

Ce drame a eu un retentissement jusqu'au sommet de l'État : "Il n'y a pas de mots pour décrire autant de douleur (...) C'est un choc pour notre conscience à tous", a, pour sa part, réagi le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, en remerciant "ceux qui ont lutté jusqu'au bout pour lui sauver la vie".

Les côtes africaines sont situées à une centaine de kilomètres de la partie la plus à l'est de l'archipel des Canaries. Mais les passagers de l'embarcation ont raconté aux secouristes être partis de Dakhla, un port du Sahara occidental situé à 450 kilomètres au sud et avoir passé quatre ou cinq jours en mer.

>> À (re)lire : Îles Canaries : "Toutes les embarcations dans l'Atlantique sont en danger"

Les Canaries sont un important point d'entrée pour les migrants tentant de rallier l'Europe : entre le 1er janvier et le 15 mars, 2 580 candidats à l'exil y ont débarqué, contre 1 219 sur la même période en 2019.

En 2020, 23 023 migrants sont arrivés aux Canaries, contre 2 687 l'année précédente, selon le ministère espagnol de l'Intérieur. "Si initialement la pandémie a ralenti les flux migratoires, elle a finalement accéléré le départ" de migrants "travaillant dans le tourisme, la pêche ou d'autres emplois précaires (et qui) se sont retrouvés sans ressources", souligne l'Association pour les Droits de l'Homme d'Andalousie dans un rapport publié lundi.

Selon l'ONG espagnole Caminando Fronteras, qui surveille les flux migratoires, "même si cette route a le taux de mortalité le plus élevé, elle est de plus en plus empruntée", l'Europe ayant passé des accords avec plusieurs pays pour lutter contre l'immigration illégale en Méditerranée. L'année dernière, au moins 1 851 personnes ont péri en tentant cette traversée.

 

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