Un gilet de sauvetage retrouvé sur une plage (archives). Crédit: @OIMItalia.
Un gilet de sauvetage retrouvé sur une plage (archives). Crédit: @OIMItalia.

Deux femmes et trois enfants sont morts mardi en mer Méditerranée au large des côtes libyennes après le naufrage de leur embarcation. L'Organisation internationale des migrations (OIM) fustige encore une fois une "politique migratoire irresponsable".

Une embarcation transportant environ 80 migrants a chaviré mardi 30 mars au large des côtes libyennes, provoquant la mort de cinq personnes : deux femmes et trois enfants. 

Les naufragés avaient contacté la plateforme d'aide aux migrants en détresse en mer Alarm Phone en début de matinée.

La situation était dramatique. "Une partie du bateau est dégonflée et des gens sont tombés à l'eau", s'inquiétait Alarm Phone sur Twitter. 

Toute la journée, Alarm Phone a alerté sur la situation à bord du canot. "Les gens paniquent, ils nous ont dit que cinq personnes se sont noyées", écrivait la plateforme à midi sur les réseaux sociaux.

Quelques heures plus tard, vers 16h30, la situation s'aggrave encore un peu plus : les migrants "cri[ai]ent au téléphone : 'Nous sommes en train de mourir'".

En fin d'après-midi, soit "10 heures après avoir alerté" les garde-côtes libyens, le collectif affirme qu'aucune opération de sauvetage n'a été mise en place.

Dans un communiqué, Alarm Phone indique avoir tenté de joindre dès 9h30 les autorités libyennes sur sept numéros de téléphone différents mais sans jamais réussir à les joindre. Ce n'est qu'à 11h52 que le collectif parvient à entrer en contact avec les garde-côtes libyens. 

"Une politique migratoire irresponsable"

L'opération de sauvetage ne sera lancée qu'en début de soirée. "Notre dernier contact avec les personnes en détresse a eu lieu à 18h39, nous n'arrivons plus à les joindre depuis", précise la plateforme qui craint à ce moment-là que l'ensemble des naufragés aient péri en mer.

Mais des pêcheurs présents dans la zone, accompagnés par les garde-côtes libyens, ont finalement procédé au sauvetage de l'embarcation et 77 personnes ont pu être secourues. Toutes ont été envoyées en Libye et transférées en centre de détention.

>> À (re)lire : Libye : au moins 60 migrants périssent en mer après l'incendie de leur embarcation, selon Alarm Phone

Les autres, les migrants qui ont péri sont morts à cause de la "non-assistance délibérée" à des personnes en danger, accuse Alarm Phone. Les garde-côtes libyens "sont l'outil européen pour maintenir les gens en mouvement hors d'Europe et les laisser mourir".

Ces décès sont "la conséquence d'une politique migratoire irresponsable", regrette de son côté Safa Msheli, une des porte-parole de l'Organisation internationale des migrations (OIM). 

Au total, 400 migrants ont été interceptés et renvoyés en Libye mardi soir, signale l'OIM.

Depuis le début de l'année, au moins 230 migrants sont morts en Méditerranée centrale, d'après les chiffres de l'OIM. Mais ce chiffre pourrait être plus élevé. Des "naufrages invisibles", dont personne n'a connaissance notamment en raison de l'absence de navires humanitaires dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR zone), peuvent en effet se produire en mer.

 

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