Tareq Alaows a annoncé qu'il se retirait complètement de la vie publique "pour un certain temps". Crédit : Reuters
Tareq Alaows a annoncé qu'il se retirait complètement de la vie publique "pour un certain temps". Crédit : Reuters

Tareq Alaows a annoncé mardi qu'il retirait sa candidature au Bundestag, le Parlement allemand après avoir reçu des attaques racistes "massives et effrayantes". Le jeune homme de 31 ans espérait devenir "la voix de tous les réfugiés".

Il voulait être le premier réfugié syrien à entrer au Bundestag, le Parlement allemand. Tareq Alaows renonce à son rêve et retire sa candidature aux élections fédérales allemandes de septembre en raison d'attaques racistes "massives et effrayantes" dont il fait l'objet, ont déclaré mardi les Verts, sa formation politique.

Le jeune homme de 31 ans a par ailleurs annoncé qu'il se retirait complètement de la vie publique "pour un certain temps".

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"Le niveau élevé de menace pour moi et avant tout pour mes proches est la raison la plus importante du retrait de ma candidature", a déclaré Tareq Alaows, arrivé en septembre 2015 quand l'Allemagne a accueilli des centaines de milliers de réfugiés syriens fuyant la guerre qui ravage leur pays depuis dix ans.

"Ma candidature a montré que nous avons besoin dans tous les partis, en politique et dans la société, de structures puissantes pour combattre le racisme structurel et venir en aide aux personnes touchées", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué des Verts.

"C'est terrible pour notre démocratie"

Le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déploré cette décision. "C'est terrible pour notre démocratie (que cette candidature) échoue face aux menaces et au racisme", a-t-il écrit sur Twitter, en exprimant sa "solidarité" avec Tareq Alaows.

Ancien étudiant en droit en Syrie, Tareq Alaows s'était engagé dans l'aide humanitaire pour le Croissant-Rouge avant de rejoindre l'Europe depuis la Turquie vers l'île grecque de Lesbos.

A son arrivée en Allemagne, il avait d'abord été hébergé dans un gymnase de Bochum, une ville ouvrière située dans le bassin industriel de la Ruhr, en Rhénanie du Nord-Westphalie.

Tareq Alaows apprend l’allemand en seulement six mois en traduisant des extraits de la Loi fondamentale (Constitution) à l'aide de son smartphone, a-t-il raconté au journal Berliner Zeitung.

"La voix de tous les réfugiés"

Choqué par les conditions de vie qu'il découvre en Allemagne, il cofonde une initiative plaidant en faveur de meilleures conditions de logement pour les migrants et d’une plus grande participation de ces derniers dans les prises de décision. 

En 2018, il crée l'organisation de sauvetage de migrants en mer, Seebrücke, et en devient le porte-parole.

Début février, il se lançait dans la campagne électorale aux côtés du parti écologiste qui a le vent en poupe dans les sondages, et espérait devenir "la voix de tous les réfugiés".

Pour pouvoir siéger au Bundestag en cas d'élection, le Syrien aurait dû obtenir la nationalité allemande au plus tard le jour des élections, le 26 septembre.

L'Allemagne accueille la plus grande diaspora syrienne en Europe. En dix ans, 790 000 Syriens se sont installés dans le pays.

 

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