Des garde-côtes grecs accusent des patrouilleurs turcs d'avoir tenté de pousser une embarcation de migrants vers les eaux territoriales grecques. Crédit : capture d'écran du site de la garde-côte hellénique, le 2 avril 2021.
Des garde-côtes grecs accusent des patrouilleurs turcs d'avoir tenté de pousser une embarcation de migrants vers les eaux territoriales grecques. Crédit : capture d'écran du site de la garde-côte hellénique, le 2 avril 2021.

Athènes estime qu’Ankara encourage les migrants à se rendre en Grèce. Des garde-côtes grecs ont également affirmé avoir été "harcelés" par un navire turc qui avait procédé à de "dangereuses manœuvres".

La tension monte entre la Grèce et la Turquie. Le ministère grec des Migrations a accusé, vendredi 2 avril, Ankara d’encourager les migrants à entrer en Grèce.

"Ce matin, les garde-côtes grecs ont signalé plusieurs incidents dans lesquels les garde-côtes et la marine turcs ont accompagné des embarcations fragiles de migrants à la frontière européenne, dans une tentative de provoquer une escalade avec la Grèce", a affirmé le ministère dans un communiqué.


"Dangereuses manoeuvres"

Les garde-côtes grecs avaient auparavant annoncé que l'une de leurs patrouilles navales près de l'île de Lesbos avait été "harcelée" par un bateau turc engagé dans de "dangereuses manoeuvres".

Ils ont publié une vidéo montrant, selon eux, une embarcation des garde-côtes turcs s'approchant dangereusement du bateau grec et le faisant tanguer.

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Les garde-côtes grecs ont affirmé que des patrouilleurs turcs auraient tenté à plusieurs reprises d’aider des embarcations de migrants à pénétrer dans les eaux territoriales grecques. Lors de l'un de ces incidents, deux patrouilleurs turcs ont "essayé de pousser" un canot de migrants dans ces eaux territoriales, selon eux.

Relations tendues

Les relations entre la Grèce et la Turquie se sont considérablement tendues ces derniers mois sur les dossiers de l’accueil des migrants mais aussi des recherches gazières lancées par Ankara en Méditerranée.

Athènes veut qu'Ankara surveille mieux les routes de l'immigration et reprenne sur son territoire 1 450 personnes déboutées du droit d'asile sur les îles grecques. La Turquie, qui accueille près de 4 millions de réfugiés – la plus grande population de réfugiés dans le monde – cherche à limiter le nombre de retour sur son territoire.

Lors d'une visite sur l'île de Lesbos cette semaine, la commissaire européenne Ylva Johansson avait appelé la "Turquie à réadmettre d'urgence les migrants" renvoyés de Grèce.

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Les présidents de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du Conseil Charles Michel doivent se rendre en Turquie la semaine prochaine pour rencontrer le président Recep Tayyip Erdogan avec lequel il doivent évoquer le dossier migratoire et d'autres questions régionales.

 

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