Des migrants marchent le long d'une route près de la ville bosnienne de Velika-Kledusha et de la frontière croate, le 29 septembre 2020. Crédit : Reuters
Des migrants marchent le long d'une route près de la ville bosnienne de Velika-Kledusha et de la frontière croate, le 29 septembre 2020. Crédit : Reuters

Dans un communiqué, la mission de l'ONU en Bosnie a appelé lundi la Croatie et la Bosnie à enquêter sur des cas de violences perpétrées contre des migrants à la frontière entre ces deux pays. L'agence affirme avoir vu 50 hommes "épuisés" et couverts de blessures marcher près de cette frontière vendredi après avoir été refoulés de Croatie.

L'ONU s'empare du sujet des violences à la frontière entre la Bosnie et la Croatie. La branche bosnienne de l'organisation internationale a appelé lundi 5 avril à une action urgente pour mettre fin aux violents "pushbacks" de migrants entre ces deux pays.

Cette prise de position fait suite à un incident survenu vendredi dernier, au cours duquel 50 hommes "visiblement épuisés" ont été aperçus le long de la frontière entre la Bosnie et la Croatie, a décrit la mission onusienne.

Dans un communiqué, cette dernière a affirmé que des membres de l'ONU ainsi que des représentants d'ONG avaient vu ce groupe de personnes en train de marcher près d'un poste-frontière. Les membres du groupe présentaient des blessures sur le corps et manquaient de vêtements.

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Ces hommes ont indiqué que leurs téléphones portables, leur argent et leurs biens leur avaient été pris quand ils ont essayé de traverser la frontière. Ils ont également été battus à coups de bâtons à leur retour en Bosnie, après avoir été refoulés, ont-ils ajouté.

Des professionnels de santé appartenant à différentes ONG ont alors fourni "une aide médicale d'urgence" à la moitié de ces personnes, précise encore le communiqué de l'ONU.

"Les refoulements et les expulsions collectives sont interdits"

Suite à cet incident, l'ONU a tenu à rappeler la loi européenne, selon laquelle il est illégal de déplacer collectivement des personnes d'un pays sans prendre en compte les circonstances individuelles justifiant de leur présence sur ce territoire.

"Les refoulements et les expulsions collectives sont interdits selon le droit international et européen", tranche l'agence dans un communiqué. "Nous exhortons les États concernés à enquêter sur l'incident qui s'est produit le 2 avril et à faire en sorte que tous les responsables soient sanctionnés de manière appropriée." 

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La Bosnie et la Croatie n'ont pas immédiatement réagi à ces affirmations. Mais les autorités croates ont déjà nié à plusieurs reprises l'usage de la force physique contre les migrants qui tentent de rejoindre l'Union européenne depuis la Bosnie.

Ces accusations sont fréquentes. Après un rapport sur le sujet établi par Amnesty International en juin 2020, l’association No Name Kitchen, qui documente les actions policières à la frontière croate, avait elle aussi publié un rapport accablant quelques mois plus tard sur les violences perpétrées par la police croate sur les exilés. 

Plusieurs cas de violences sexuelles avaient notamment été recensés. Ces violences s’accompagnent du vol systématique des vêtements et sacs de couchage des migrants.

 

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