Un migrant près de sa tente dans le camp de Las Raices, à Ténérife. Crédit : Reuters
Un migrant près de sa tente dans le camp de Las Raices, à Ténérife. Crédit : Reuters

Le président des Canaries Angel Victor Torres a déclaré jeudi que les migrants prenant part à des affrontements seront expulsés immédiatement de l'archipel espagnol. Ces propos font suite aux récents heurts survenus dans le camp de Las Raices, à Ténérife, où s'entassent plus de 1 500 personnes dans des conditions dramatiques.

Le président des Canaries Angel Victor Torres a décidé de frapper fort. Quelques jours après de violents affrontements à Las Raices, l'un des plus grands camps de migrants situé sur l'île de Ténérife, le président canarien a annoncé jeudi 8 avril des sanctions à l'encontre des exilés impliqués dans des altercations.

Ces derniers seront désormais expulsés immédiatement de l'archipel espagnol vers leur pays d'origine. "Dans les situations d'urgence, il faut mettre de l'ordre", a déclaré Angel Victor Torres lors d'une conférence de presse à Ténérife.

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Les bagarres sont fréquentes à Las Raices mais les incidents survenus lundi soir et mardi matin sont considérés comme les plus graves depuis l'ouverture du camp début février. Un conflit entre Marocains et Sénégalais a éclaté au sujet de la nourriture. La police anti-émeute a dû intervenir en tirant des balles en caoutchouc pour mettre fin aux heurts. Neuf personnes interpellées à l'issue des affrontements ont été incarcérées.

La situation dans le centre, où s'entassent plus de 1 500 migrants pour une capacité totale de 1 200 places, est jugée dramatique par les associations.

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Elles estiment que ce genre d'incidents sont la conséquence du traitement "inhumain" infligé aux migrants débarqués aux Canaries. "Les droits de l'Homme [y] sont bafoués", déplorait en début de semaine sur Twitter le collectif de soutien aux migrants de Tenerife. "Manque d'assistance médicale, camp insalubre, longues files d'attente pour se restaurer, nourriture de mauvaise qualité" sont autant de facteurs qui créent des "ravages" chez les migrants et provoquent des tensions, expliquent les militants.

Un rapport du service municipal de la ville canarienne de San Cristobal de la Laguna, où se situe le camp de Las Raices, a de son côté dénoncé cette semaine des conditions sanitaires et d'hygiène "inquiétantes" et a réclamé des mesures afin d'améliorer le quotidien des migrants vivant dans le centre de Ténérife.

 

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