Le Alan Kurdi avait été bloqué par les autorités italiennes en octobre dernier, environ deux semaines après avoir débarqué plus de 125 personnes secourues en mer. Crédit : Sea-Eye
Le Alan Kurdi avait été bloqué par les autorités italiennes en octobre dernier, environ deux semaines après avoir débarqué plus de 125 personnes secourues en mer. Crédit : Sea-Eye

Après six mois de blocage par les autorités italiennes, le Alan Kurdi a été libéré du port d'Olbia, en Sardaigne, sur décision de justice. Le navire humanitaire de l'ONG allemande Sea-Eye va désormais se rendre en Espagne pour des opérations de maintenance. Aucune date de reprise des opérations de sauvetage n'a été communiquée.

Le navire de sauvetage Alan Kurdi a été libéré du port d'Olbia, en Sardaigne, où il était bloqué depuis six mois, a annoncé l'ONG allemande Sea-Eye, en charge du bateau, dans un communiqué dimanche 11 avril.

"Le Alan Kurdi est à nouveau libre !", a réagi l'ONG sur Twitter. Il va à présent quitter l'Italie pour se rendre en Espagne où des opérations de contrôle et de maintenance seront effectuées.

Cette libération fait suite à une décision de justice rendue vendredi par un tribunal administratif de Cagliari, en Sardaigne. Ce dernier a établi que la détention du Alan Kurdi entraînait des coûts financiers pour Sea-Eye, qui se trouve de fait dans l'incapacité de procéder à l'entretien de son navire.

"Cette détention a engendré des coûts inutiles pour Sea-Eye de l'ordre d'environ 120 000 euros", a précisé Sophie Weidenhiller, porte-parole de l'ONG, contactée par InfoMigrants. "Nous avons été contraints de dépenser cet argent dans un navire qui n'a pas eu le droit de sauver des vies, au lieu de l'utiliser pour protéger la vie humaine en mer."

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Le Alan Kurdi avait été bloqué par les autorités italiennes en octobre dernier, environ deux semaines après avoir débarqué plus de 125 personnes secourues en mer. Sea-Eye maintient que cette détention était motivée par des raisons politiques, assurant que ses avocats ont fourni des preuves que le navire répondait à toutes les normes de sécurité en vigueur.

"Détourner l'attention de la crise humanitaire en Méditerranée"

Il est fréquent que les garde-côtes italiens détiennent des navires humanitaires dans leurs ports en invoquant des entorses à des protocoles divers. Le Alan Kurdi avait déjà fait l'objet d'une telle détention en mai 2020 pour des irrégularités "de nature technique et opérationnelle". Autre cas plus récent : le Sea Watch 3 est, quant à lui, retenu depuis mars en Sicile en raison notamment de violations présumées aux règlements sur la sécurité de la navigation.

"Les discussions sur les équipements techniques et les certificats ne servent qu'à détourner l'attention de la crise humanitaire en cours en Méditerranée, que les États membres de l'UE entretiennent ensemble", a dénoncé le président de Sea-Eye, Gordon Isler.

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Un jugement doit être rendu en novembre prochain sur la légalité de la détention du Alan Kurdi. En attendant, aucune date n'a été communiquée concernant une reprise des opérations de sauvetage et un futur retour du navire en haute mer.

En parallèle, Sea-Eye a annoncé que son tout nouveau navire de sauvetage, le Sea-Eye 4, serait bientôt opérationnel. Actuellement stationné dans le port allemand de Rostock, il pourrait prendre la mer "bientôt", a assuré l'ONG.

À la date du 12 avril, aucun navire humanitaire ne sillonne la zone de recherche et de sauvetage. Les équipages de l'Ocean Viking et de l'Open Arms suivent actuellement une quarantaine aux ports siciliens d'Augusta et de Pozzallo après avoir débarqué respectivement 116 et 209 migrants secourus au large de la Libye.

 

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