Helena Maleno se dit victime de harcèlement. Crédit : Caminando Fronteras
Helena Maleno se dit victime de harcèlement. Crédit : Caminando Fronteras

La militante espagnole Helena Maleno, très connue des migrants au Maroc, affirme avoir été "expulsée violemment" du royaume, où elle vit depuis 20 ans. Elle accuse les autorités marocaines et espagnoles de harcèlement.

La militante Helena Maleno ne semble plus être la bienvenue au Maroc, où elle vit depuis 20 ans. Lors d’une conférence de presse à Madrid, lundi 12 avril, la fondatrice de l’ONG d’aide aux migrants Caminando Fronteras a affirmé avoir été "expulsée violemment" du royaume chérifien le 23 janvier.

Helena Maleno a expliqué que les autorités marocaines l’ont empêchée de rentrer dans le pays et l’ont fait monter dans un avion pour Barcelone. "La police m'attendait à l'aéroport de Tanger, je ne savais pas ce qui se passait", a-t-elle raconté, précisant que ses papiers lui avaient été confisqués et qu’on ne lui avait pas permis de boire de l’eau ou de prendre ses médicaments. La militante de 50 ans a dénoncé un traitement "humiliant".

Selon l’activiste, le ministère espagnol de l’Intérieur était au courant de l’expulsion. Contacté par l’AFP, le ministère de l’Intérieur a assuré qu’il "n’avait pas eu connaissance de ces faits et n’y avait participé d’aucune manière". Les autorités marocaines, quant à elles, n’étaient pas joignables.

Victime de harcèlement

Les activités d’Helena Maleno dérangent. Celle qui vient en aide aux migrants en difficulté en permettant aux secours de les localiser au large des côtes espagnoles a fait l’objet de plusieurs enquêtes en Espagne et au Maroc ces dernières années.

En 2019, la justice marocaine avait classé sans suite une enquête pour trafic d'êtres humains en lien avec sa lutte contre les naufrages de migrants en Méditerranée. Une première procédure à son encontre avait été classée sans suite en Espagne en avril 2017, après que la police espagnole avait remis au parquet un rapport faisant état de ses possibles liens avec une "organisation criminelle".

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Pourtant, malgré ces relaxes, Helena Maleno se dit toujours victime de harcèlement. "Depuis avril 2020, moi et ma famille avons été victimes de 37 attaques et je tiens les gouvernements espagnol et marocain responsables", assure-t-elle dans une vidéo publiée lundi sur les réseaux sociaux, leur demandant "de stopper cette persécution". La militante assure notamment que la porte de son domicile marocain a été forcée à trois reprises et qu'elle a été suivie.

Une militante bien connue

"Le cas de Helena est malheureusement l'exemple typique de ce qui peut arriver à toute personne défendant les droits (des migrants) aux frontières de l'Union européenne", a déclaré Maria San Martin, de l'ONG Front Line Defenders, basée en Irlande.

Depuis 20 ans, l’activiste espagnole est devenue un pilier au Maroc. Elle est connue des migrants de la région. "Mon numéro circule beaucoup parmi les candidats à l’exil. La première fois qu’on m’a appelée pour un bateau qui chavirait remonte à 2007. Petit à petit notre réseau d’entraide s’est construit. Avec le temps, les migrants ont appris à me connaître, je suis devenue un réseau social à moi toute seule", déclarait-elle à InfoMigrants en 2019.

Son travail a plusieurs fois été récompensé ces dernières années à travers le monde. Elle a notamment reçu le prix "Nacho de la Mata" en 2015 du Conseil général des avocats espagnols, le prix de l’Association espagnole de défense des droits humains en 2018 et le prix MacBride pour la paix décerné en 2018 par le International Peace Bureau.

Helena Maleno est soutenue par nombre d'ONG, de politiciens ou d'acteurs, comme la star espagnole Javier Bardem. 

 

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