Entre le 16 et 17 juin 2017, 126 personnes sont mortes noyées dans les eaux libyennes. Crédit : Reuters
Entre le 16 et 17 juin 2017, 126 personnes sont mortes noyées dans les eaux libyennes. Crédit : Reuters

Le quotidien indépendant romain Domani a réussi à se procurer, avec la collaboration du journal britannique The Guardian et de la chaîne de télévision italienne RAI News, des documents retranscrivant des écoutes téléphoniques datant de 2017. Ces documents, en possession du parquet de Trapani, en Sicile, prouvent l’inertie des garde-côtes libyens face aux naufrages de migrants dans leurs eaux territoriales.

Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Les révélations sont glaçantes, rapporte notre correspondante à Rome, Anne Le Nir. On apprend notamment que le 24 mai 2017, à l’aube, après avoir reçu un appel par téléphone satellite d’un des 600 migrants à bord d’un bateau en difficulté dans les eaux territoriales libyennes, les responsables des garde-côtes italiens tentent de contacter cinquante fois leurs homologues libyens. Ils n’obtiennent que cette réponse d’un militaire : "Je ne parle pas l’anglais". Quelques jours plus tard, l’agence des Nations unies pour les réfugiés annonce la mort de 33 migrants, dont 7 enfants, le matin du 24 mai. 

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Moins d’un mois après, le vendredi 16 juin, un scénario encore plus désastreux se reproduit. Un officier des garde-côtes italiens contacte un collègue libyen et lui explique que "dix embarcations de fortune sont à la dérive". Celui-ci lui répond : "Je verrai ce que je peux faire, mais aujourd’hui c’est un jour de congé".

Résultat : entre le 16 et 17 juin 2017, 126 personnes sont mortes noyées dans les eaux libyennes. Alors qu’à cette époque, l’Europe et l’Italie finançaient déjà la Libye pour l’aider à mieux contrôler les flux migratoires.

 

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