Matteo Salvini à Rome, le 26 mai 2020. Crédit : ANSA/Fabio Frustaci
Matteo Salvini à Rome, le 26 mai 2020. Crédit : ANSA/Fabio Frustaci

L'ancien ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini sera jugé à partir de septembre pour avoir bloqué des migrants en mer à bord de l'Open Arms en 2019, a décidé samedi le tribunal de Palerme. Il encourt jusqu'à 15 ans de prison.

Matteo Salvini va devoir faire face à un nouveau procès. À partir du 15 septembre, le chef du parti italien d'extrême droite de la Ligue sera jugé pour avoir bloqué des migrants en mer en août 2019 alors qu'il était ministre de l'Intérieur, a décidé samedi 17 avril le tribunal de Palerme, en Sicile.

Dans cette affaire, qui concerne le navire de l'ONG Open Arms, l'ex-ministre est accusé de séquestration de personnes et d'abus de pouvoir pour avoir interdit le débarquement de 147 migrants secourus en mer par le bateau humanitaire. Il encourt jusqu'à 15 ans de prison.

Matteo Salvini avait à l'époque refusé pendant six jours d'accorder un port sûr au navire de l'ONG espagnole, qui mouillait au large de la petite île italienne de Lampedusa. Une attente décrite comme une "agonie interminable" dans la presse, alors que les conditions à bord s'aggravaient. Plusieurs migrants désespérés s'étaient jetés à l'eau pour tenter de rejoindre Lampedusa, avant d'être ramenés à bord par les secouristes de l'Open Arms.

Le principal intéressé a réagi à l'annonce du procès en se déclarant fier de ses actes passés. "La défense de la patrie est le devoir sacré de tout citoyen (...) Je vais être jugé pour cela, pour avoir défendu mon pays ? Je m'y rendrai la tête haute", a-t-il commenté sur Twitter. "Il s'agit d'une décision plus politique que judiciaire", a-t-il encore déclaré à la presse à sa sortie de l'audience au tribunal.

L'ONG Open Arms a de son côté salué la décision du tribunal, se disant sur Twitter "heureuse pour toutes les personnes que nous avons sauvées".

Salvini également jugé pour avoir bloqué le navire Gregoretti

Matteo Salvini est également impliqué dans une autre affaire similaire, actuellement jugée à Catane, également en Sicile. Il est mis en cause pour avoir bloqué en mer une centaine de migrants sauvés par le navire "Gregoretti" des garde-côtes italiens, toujours durant l'été 2019. Le parquet a demandé l'abandon des poursuites dans cette affaire, sur laquelle le tribunal de Catane doit se prononcer le 14 mai.

Lorsqu'il était au pouvoir, l'ancien ministre de l'Intérieur avait fait de la répression des migrants sa priorité. Il avait notamment proclamé la politique des "ports fermés" et avait mis fin aux permis de séjour de deux ans pour "protection humanitaire" dont bénéficiaient 25% des exilés en 2017.

>> À (re)lire : Italie : le gouvernement assouplit les lois anti-migrants de Matteo Salvini

Désormais éloigné du pouvoir, Matteo Salvini a perdu en influence. Le gouvernement italien - une coalition entre le Mouvement 5 Étoiles et le Parti démocrate - avait d'ailleurs annoncé en octobre une série de lois visant à assouplir les mesures anti-migrants votées sous l'ère Salvini.

 

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