Des migrants après avoir été interceptés en mer (archives). Crédit : Reuters
Des migrants après avoir été interceptés en mer (archives). Crédit : Reuters

Les autorités algériennes rapportent avoir démantelé un réseau de passeurs implanté à Mostaganem, au nord-ouest du pays. Accusées de trafic de migrants et impliquées dans un naufrage, six personnes ont été arrêtées.

Suite à des plaintes déposées par des migrants, la police judiciaire algérienne a remonté la piste d'un réseau de passeurs opérant à Mostaganem, ville côtière au nord-ouest du pays, près d'Oran. Selon les autorités, relayées par le média Ennahar le 21 avril, cinq personnes ont été arrêtées sur place en Algérie.

Agées de 23 à 33 ans, celles-ci sont accusées de trafic de migrants et de mise en danger de la vie d'autrui. Le principal responsable de ce réseau, âgé de 29 ans, a été identifié.

Implication dans un naufrage

Les cinq prévenus ont été traduits devant le tribunal de Mostaganem. Trois d'entre eux sont désormais placés en détention provisoire, tandis que les deux autres sont sous contrôle judiciaire. Une sixième personne a par ailleurs été arrêtée en Espagne.

Ce réseau serait impliqué dans un naufrage lors duquel neuf personnes sont décédées. Ces dernières années, les "harragas", nom donné aux Algériens désireux de rejoindre l'Europe, délaissent la voie marocaine pour privilégier un départ depuis les côtes algériennes vers l'Espagne.

Les passeurs risquent jusqu'à vingt ans de prison

En 2020, ils représentaient même la première nationalité des arrivées illégales en Andalousie. "À moyen terme, la pression migratoire algérienne devrait rester élevée, étant donné que les réseaux de trafic ont adapté leur mode de fonctionnement et organisent des départs simultanés pour dépasser la capacité des autorités algériennes malgré les restrictions de covid-19" indiquait la Commission européenne en mai 2020, dans un rapport consulté par le quotidien espagnol El Pais.

En Algérie, les passeurs risquent jusqu'à 20 ans d'emprisonnement, en vertu d'une loi votée en 2009. Cette dernière punit également les "tentatives d'émigration clandestine", par des amendes voire des peines pouvant aller jusqu'à six mois de prison.

 

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