Des dizaines de Marocains ont pris la mer depuis Fnideq pour rejoindre Ceuta à la nage. Crédit : capture d'écran Twitter
Des dizaines de Marocains ont pris la mer depuis Fnideq pour rejoindre Ceuta à la nage. Crédit : capture d'écran Twitter

Quelque 100 Marocains ont atteint l'enclave espagnole de Ceuta à la nage ce week-end. Trois personnes ont par ailleurs perdu la vie en mer en prenant la même route.

De plus en plus de migrants tentent désormais de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta à la nage. Selon le chercheur marocain Ali Zoubeidi, environ 100 personnes ont atteint le territoire espagnol situé au nord du royaume chérifien ce week-end.

Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des dizaines de Marocains se jeter à la mer depuis la ville de Fnideq, limitrophe de Ceuta. Malgré les dangers, ces jeunes ont bravé d'importantes vagues pour atteindre à la seule force de leur bras l'enclave de Ceuta, située à seulement quelques kilomètres de Fnideq. Certains étaient équipés de combinaisons de plongée et de palmes.

Les migrants ont été pris en charge par la Croix-Rouge à leur arrivée sur le sol espagnol.

Trois personnes sont mortes en tentant elles-aussi de traverser la frontière à la nage.

Des traversées à la nage de plus en plus fréquentes

Les traversées à la nage se sont multipliées avec la pandémie de coronavirus, affirme le chercheur Ali Zoubeidi, joint début avril par InfoMigrants. "Avant, beaucoup de migrants voulant entrer à Ceuta et Melilla se cachaient dans les remorques, dans les camions, dans les voitures qui s’y dirigeaient. Mais avec l’épidémie et la fermeture des frontières terrestres, les candidats à l’immigration ont cherché de nouveaux moyens pour entrer dans les enclaves, comme la nage."

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L'escalade des triples grillages de barbelés est aussi devenue de plus en plus compliquée. "Les contrôles espagnols et marocains se sont intensifiés autour des routes, autour de la zone terrestre, autour des grillages", explique encore Ali Zoubeidi. Et puis grimper sur les barbelés entraîne souvent des blessures graves : il y a les chutes, les coups des policiers espagnols. Certains migrants préfèrent donc s’engager vers le large, contourner la jetée grillagée pour tenter d’atteindre les plages de Ceuta et Melilla.

Mais la traversée n'est pas sans risque, "l'eau froide et les courants marins sont trompeurs", signale Mohammed Ben Issa, de l’Observatoire des droits de l’Homme au Maroc. "Les migrants pensent que nager est le chemin le plus rapide mais c’est surtout très dangereux."

Les passages à la nage entre les plages marocaines et les enclaves espagnoles sont difficilement quantifiables, selon Mohammed Ben Issa : les migrants qui réussissent ne sont pas souvent répertoriés. D'après lui, plusieurs centaines de migrants ont tenté de rejoindre à la nage les enclaves espagnoles depuis le mois de septembre 2020.

 

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