L'Anafé et la Croix-Rouge ont quitté la ZAPI de Roissy. Crédit : InfoMigrants
L'Anafé et la Croix-Rouge ont quitté la ZAPI de Roissy. Crédit : InfoMigrants

L'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) a annoncé lundi qu'elle se retirait de la ZAPI de l'aéroport de Roissy, cette zone où patientent des étrangers non-autorisés à entrer en France. L'organisation s'insurge contre "les mesures sanitaires mises en place" qu'elle considère comme "déplorables et dangereuses".

"L'Anafé suspend sa mission d'accompagnement juridique à Roissy." Dans un communiqué, l'Association nationale d'assistance aux frontières pour les étrangers a annoncé lundi 26 avril que ses équipes se retiraient "temporairement" de la zone d'attente (ZAPI) de l'aéroport de Roissy, en région parisienne. L'association entend ainsi "protester contre le traitement indigne et dangereux réservé aux personnes enfermées" en pleine pandémie de coronavirus.

L'Anafé dénonce le "non-respect des mesures sanitaires (...), la mise en danger corrélative des personnes enfermées et du personnel intervenant dans ce lieu clos et l'absence de condamnation de ces pratiques par les juridictions administratives et judiciaires".

La semaine dernière, ce sont les membres de la Croix-Rouge qui avaient fait valoir leur droit de retrait en raison d'un possible cluster de contamination au Covid-19 dans la structure. Avec le départ de l'Anafé et de la Croix-Rouge, plus aucune association n'intervient désormais dans la plus grande zone d'attente aéroportuaire de France, où patientent les étrangers qui ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire.

"Des mesures sanitaires déplorables et dangereuses"

Environ 120 personnes, principalement originaires d'Inde, sont actuellement retenues dans la ZAPI de Roissy. Un nombre "jamais vu" pour Laure Palun qui dirige depuis six ans l'association.

>> À (re)lire : Coronavirus : dans la ZAPI de Roissy, les associations redoutent un cluster

La surpopulation dans le centre rend difficile le respect des règles d'hygiène, les personnes enfermées s'entassant dans des couloirs exigus. Par ailleurs, les chambres partagées ne peuvent être aérées, les locaux sont très peu désinfectés et les masques et le gel hydroalcoolique sont distribués au compte-goutte, rappelle l'Anafé, pour qui "les mesures sanitaires mises en place sont déplorables et dangereuses".

Une source aéroportuaire affirme de son côté à l'AFP que "la situation est sous contrôle" au sein de la ZAPI de Roissy, et que "personne n'est malade". L'Agence régionale de santé a "fait des tests salivaires tous les deux jours sur le personnel" et, en l'absence de l'aide médicale habituellement apportée par la Croix-Rouge, "nous gérons nous-mêmes", a déclaré cette source.

 

Et aussi