A Calais, les campements de migrants sont démantelés toutes les 48 heures (photo d'illustration). Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants
A Calais, les campements de migrants sont démantelés toutes les 48 heures (photo d'illustration). Crédit : Mehdi Chebil pour InfoMigrants

Des migrants installés illégalement sur des terrains de Sangatte et Coquelles, près de Calais, dans le Pas-de-Calais, ont été expulsés mardi, a indiqué la préfecture. Parmi eux, 116 ont été "mis à l'abri" dans des centres d'hébergement du département.

De nouvelles expulsions ont eu lieu près de Calais, mardi 27 avril dans la matinée. Elles ont concerné des migrants installés illégalement sur des terrains de Sangatte et Coquelles, dans le Pas-de-Calais, et ont été suivies de "mises à l'abri".

"A 10h00, 116 personnes ont été prises en charge et mises à l'abri dans différentes structures d'hébergement du département", a détaillé la préfecture du Pas-de-Calais, indiquant que des maraudes d'information avaient précédé cette opération.

Selon Human Rights Observers, un réseau inter-associatif de militants documentant la façon dont se déroulent les expulsions, ce campement accueillait surtout des Soudanais et des Tchadiens. 

Ces expulsions font suite à une décision du tribunal de Boulogne-sur-Mer, saisi par les propriétaires des deux terrains en question qui se plaignaient d'une occupation illicite, a indiqué la préfecture. Elle souligne les "problèmes de sécurité, de salubrité et de tranquillité publique" que posaient ces occupations.

"Il n'est pas certain que [les exilés] aient eu toutes les informations"

"On a compté une dizaine de voitures de police, (les exilés) étaient encerclés, ils ne pouvaient pas s'en aller et il n'est pas certain qu'ils aient eu toutes les informations", a déploré une bénévole de Human Rights Observers. Cette dernière a fait état de l'appel reçu d'un migrant qui se trouvait dans un bus sans savoir vers où il se dirigeait. Les associations dénoncent régulièrement des mises à l'abri "sous la contrainte" dans des lieux éloignés de Calais. 

>> À (re)lire : Calais : nouvelle prolongation de l'interdiction de distribuer des repas aux migrants

Plus tôt ce mois-ci, huit associations d'aide aux migrants dont Human Rights Observers, l'Auberge des migrants et Utopia 56, avaient dénoncé les démantèlements de campements de migrants sans mise à l'abri. Le 6 avril, près de 300 exilés avaient été expulsés de leur campement de fortune "alors que les températures [étaient] tombées à 3 degrés", selon les humanitaires.

Les migrants tentant de gagner l'Angleterre seraient actuellement plus d'un millier dans le Calaisis, selon un décompte des associations leur venant en aide. La préfecture en recensait, elle, la semaine dernière 720, et environ 400 à Grande-Synthe.

 

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