Arrivée à la nage sur la plage de Ceuta, le 24 avril, 2021. Crédit : Imago Images
Arrivée à la nage sur la plage de Ceuta, le 24 avril, 2021. Crédit : Imago Images

Après avoir conclu un accord avec le Maroc, l'Espagne a décidé mardi de renvoyer tous les migrants qui étaient arrivés dimanche 25 avril dans son enclave de Ceuta. Les expulsions ont déjà commencé et concernent "entre 100 et 120" individus, tous Marocains.

La centaine de migrants qui avaient réussi à rejoindre l’enclave de Ceuta à la nage ce week-end seront tous expulsés. C’est ce qu’a annoncé la préfecture de Ceuta à l’AFP, mardi 27 avril, après avoir conclu un accord avec le Maroc.

"Les expulsions ont commencé ce matin" et concernent "entre 100 et 120" individus, tous "Marocains" et "adultes", a indiqué la préfecture. Selon certains médias espagnols, déjà une trentaine de migrants étaient de retour au Maroc, ce mardi.

Dimanche 25 avril, une centaine de migrants s'étaient jetés à l'eau près de la ville marocaine de Fnideq (aussi appelée Castillejos), au nord du Maroc, afin de rejoindre l'enclave espagnole située à moins de deux kilomètres.

"Ce n'est pas habituel, il peut y avoir des groupes de 3, 4 ou 5, mais autant, non", a souligné la garde civile espagnole. La plupart ont été secourus en mer par les autorités espagnoles, et trois personnes avaient été hospitalisées pour hypothermie.

"Chercher de nouveaux moyens" pour entrer à Ceuta et Melilla

Des migrants venus du Maroc tentent régulièrement de rejoindre par la mer Ceuta, séparée du Maroc par une immense barrière de sécurité.

Les traversées à la nage se sont multipliées avec la pandémie de coronavirus, affirme le chercheur marocain Ali Zoubeidi, joint début avril par InfoMigrants. "Avant, beaucoup de migrants voulant entrer à Ceuta et Melilla se cachaient dans les remorques, dans les camions, dans les voitures qui s’y dirigeaient. Mais avec l’épidémie et la fermeture des frontières terrestres, les candidats à l’immigration ont cherché de nouveaux moyens pour entrer dans les enclaves, comme la nage."

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L'escalade des triples grillages de barbelés est aussi devenue de plus en plus compliquée. "Les contrôles espagnols et marocains se sont intensifiés autour des routes, autour de la zone terrestre, autour des grillages", explique encore Ali Zoubeidi. Et puis grimper sur les barbelés entraîne souvent des blessures graves : il y a les chutes, les coups des policiers espagnols. Certains migrants préfèrent donc s’engager vers le large, contourner la jetée grillagée pour tenter d’atteindre les plages de Ceuta et Melilla.

 

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