Plus de 200 personnes se trouvent à bord de l'Ocean Viking. Crédit : Flavio Gasperini / SOS Méditerranée
Plus de 200 personnes se trouvent à bord de l'Ocean Viking. Crédit : Flavio Gasperini / SOS Méditerranée

L'Ocean Viking est à la recherche d'un port sûr pour y débarquer les 236 migrants secourus mardi au large de la Libye. La plupart d'entre eux "sont fatigués, souffrant de douleurs diffuses et de vertiges dus aux traumatismes endurés" en Libye.

Trois jours après avoir secouru 236 personnes en mer Méditerranée, l'Ocean Viking naviguait vendredi 30 avril au large des côtes italiennes et maltaises en attendant qu'un port sûr lui soit attribué.

Parmi les rescapés des deux sauvetages opérés mardi, on compte sept femmes, un bébé et 119 mineurs non-accompagnés, dont 95 âgés de 16 et 17 ans, 23 entre 13 et 15 ans et un de moins de 12 ans, indique à InfoMigrants Morgane Lescot, porte-parole de l'ONG SOS Méditerranée qui affrète le navire humanitaire.

Dans le même groupe se trouvent par ailleurs quatre frères et sœurs de 10,11, 12 et 17 ans, qui ont pris la mer ensemble sans la présence d'un adulte à leur côté.

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Les migrants secourus par le navire humanitaire sont originaires de Guinée, de Sierra Leone, de Côte d'Ivoire et du Bénin.

La plupart d'entre eux "sont fatigués, souffrant de douleurs diffuses et de vertiges dus aux traumatismes endurés" en Libye, ajoute la porte-parole, actuellement à bord de l'Ocean Viking.

Menacés de mort s'ils ne montaient pas sur un canot de fortune

Certains ont été battus par les trafiquants avant de monter dans leur embarcation de fortune car "ils étaient hésitants et effrayés par la mer agitée et les hautes vagues", explique l'ONG sur son compte Twitter. "Tous ont voulu renoncer [de tenter la traversée] en voyant les canots mais [...] on a menacé de les tuer" s'ils refusaient de prendre la mer, précise sur Twitter Emmanuelle Chaze, une journaliste embarquée sur le navire humanitaire.

Toujours selon les tweets de la reporter qui a interrogé trois mineurs non-accompagnés guinéens, le prix de la traversée s'élevait à 2 500 dinars libyens soit l'équivalent d'environ 460 euros.

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Ces 236 migrants ont eu plus de "chance" que d'autres. Mercredi 28 avril, le lendemain de leur sauvetage par l'Ocean Viking, deux embarcations ont été interceptées en mer par les garde-côtes libyens et renvoyées en Libye, sous les yeux du navire humanitaire. "Plusieurs rescapés à bord de l'Ocean Viking ont montré des signes d'anxiété et d'inquiétude pour les personnes à bord des embarcations interceptées, ces interceptions ravivant le souvenir d'une expérience similaire", a signalé sur son compte Twitter SOS Méditerranée.

À leur retour sur le sol libyen, les migrants sont envoyés en centre de détention, où ils subissent des tortures, des violences sexuelles ou encore du travail forcé. Jeudi encore, 99 exilés ont été interceptés en Méditerranée et renvoyés au port de Tripoli avant d'être transférés en prison, tandis que le Sea Watch a de son côté porté assistance à 44 personnes en détresse.

 

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