Un campement de migrants brièvement installé place de la République, à Paris, le 23 novembre 2020. Crédit : Utopia 56
Un campement de migrants brièvement installé place de la République, à Paris, le 23 novembre 2020. Crédit : Utopia 56

Ancien patron d'industrie, Olivier Legrain a créé il y a deux ans un fonds de dotation qu'il dédie aux actions en faveur des migrants en France. Il a notamment permis l'achat d'une "maison de l'hospitalité", à la frontière italienne, qui devrait ouvrir ses portes cet été.

"À partir du moment où les gens sont chez nous, il faut les accueillir avec dignité, pas comme des bêtes. Les gens sous le périphérique, c'est scandaleux." C'est par ces mots qu'Olivier Legrain, millionnaire et ancien patron d'industrie devenu thérapeute, explique son engagement.

Il y a deux ans, ce retraité de 68 ans, spécialiste des rachats d'entreprises, a créé le fonds de dotation Riace France, nommé en hommage au village italien de Calabre devenu symbole de l'hospitalité envers les migrants. Il y a injecté 3 millions d'euros.

Depuis, cet homme a participé, à coup de billets verts, à nombre d'actions récentes en faveur des exilés à travers la France. Il a notamment aidé, en novembre, à implanter un camp de migrants sur la place de la République à Paris pour médiatiser le sort de cette population. Il a aussi permis l'installation de toilettes dans un foyer de sans-papiers maliens en banlieue parisienne.

"Le rêve, c'est qu'il y ait 10, 20 maisons de l'hospitalité sur tout le territoire"

Mais cet ex-PDG de Materis, branche chimique du groupe Lafarge, voit plus loin que les "actions coup de poing" qu'il finance. Son ambition principale est en train de se concrétiser à Briançon avec une "maison de l'hospitalité". Cette nouvelle structure doit prendre le relais, cet été, de l'emblématique Refuge solidaire, qui permet aux exilés de souffler après la traversée périlleuse de la frontière franco-italienne.

"Le rêve, c'est qu'il y ait 10, 20 maisons de l'hospitalité sur tout le territoire", s'enthousiasme Olivier Legrain, qui se voit en "catalyseur" de solidarité et se dit prêt à encaisser les "attaques très violentes" qui commencent à émerger de la part de "ceux qui ne veulent pas des migrants".

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Si son engagement a soulevé l'enthousiasme parmi ses connaissances, les soutiens concrets se font pour l'heure attendre. 

Or, depuis que les ambitions d'Olivier Legrain se sont ébruitées, les rentrées d'argent sont vingt fois plus faibles que les dépenses, reconnaît-il. "On croule sous les demandes, on a même les Jésuites sur le dos", indique le mécène. À ce rythme-là, les fonds s'épuiseront dans "trois, quatre ans", prédit-il.

 

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