Ces personnes ont été refoulées des camps de migrants dans la région bosnienne de Krajina, près de la frontière croate | Photo: picture-alliance
Ces personnes ont été refoulées des camps de migrants dans la région bosnienne de Krajina, près de la frontière croate | Photo: picture-alliance

Dans un article publié mercredi, le quotidien britannique révèle qu’au moins 40 000 personnes qui cherchaient à demander l’asile au sein de l’Union européenne ont été illégalement refoulées. Ces opérations ont conduit à la mort de plus de 2 000 personnes.

Plus de 2 000 demandeurs d’asile morts aux portes de l’Union européenne (UE) à la suite de refoulements illégaux effectués par des états membres et l’agence Frontex. C’est le bilan que dresse The Guardian dans un article publié mercredi 5 mai.

Le quotidien britannique a pu établir ce nombre grâce aux "rapports publiés par les agences de l'ONU, combinés à une base de données d'incidents collectés par des organisations non gouvernementales".

En 2020, alors que quelque 100 000 personnes sont arrivées en Europe par la mer, les cas de refoulements illégaux aux frontières maritimes et terrestres de l’UE se sont multipliés.

"Depuis janvier 2020, […] l'Italie, Malte, la Grèce, la Croatie et l'Espagne ont durci leur politique migratoire. Depuis l'introduction de fermetures partielles ou complètes des frontières pour enrayer l'épidémie de coronavirus, ces pays ont payé des États non membres de l'UE et enrôlé des navires privés pour intercepter les bateaux en détresse en mer et envoyer les passagers dans des centres de détention", souligne The Guardian.

Parmi les points de passage où ont lieu le plus d’abus, on trouve la frontière entre la Bosnie-Herzégovine et la Croatie. Un nouveau rapport du collectif Border violence monitoring network (BVMN) publié mardi révélait que 90 % des cas de refoulements illégaux, d’abus ou d’usage disproportionné de la force enregistrés dans les Balkans, avaient eu lieu en Croatie. Les données collectées par le collectif illustrent par ailleurs une hausse de 19 % de ces abus par rapport à 2019.

Les refoulements illégaux sont également nombreux en Grèce, rapporte The Guardian. "Depuis janvier 2020, la Grèce a refoulé quelque 6 230 demandeurs d’asile de ses côtes", avance le média britannique, se basant sur les données de BVMN.

Retour en Libye

Les refoulements ont également lieu en Méditerranée. Selon les données de l’agence des nations unies pour les réfugiés, citée par The Guardian, environ 15 500 demandeurs d’asile ont été interceptés en mer et ramenés à Tripoli par des garde-côtes libyens qui opèrent avec le soutien de l’UE.

>> À écouter : Mer Méditerranée : sur la route migratoire la plus meurtrière du monde

L’Italie et la Libye sont accusées de fermer les yeux sur les drames qui se passent en Méditerranée et de manquer à leur devoir de porter secours aux embarcations qui se trouveraient en difficulté dans leur zone de recherche et sauvetage. En avril, un rapport de la plateforme Alarm Phone a notamment démontré que les deux pays avaient ignoré les appels à l’aide d’une embarcation en détresse. 130 personnes sont finalement mortes dans le drame.

>> À lire : Qu'advient-il des migrants interceptés en mer par les garde-côtes libyens ?

L’île de Malte est également concernée par les abus et les refoulements en Méditerranée. En septembre 2020, un rapport d'Amnesty international dénonçait les "tactiques illégales" de La Valette pour empêcher les embarcations de migrants de débarquer sur l'île méditerranéenne. 

 

Et aussi