Un bateau entrant dans le port de Dzaoudzi, à Mayotte, le 31 mars 2012. Crédit : Reuters
Un bateau entrant dans le port de Dzaoudzi, à Mayotte, le 31 mars 2012. Crédit : Reuters

Trois migrants originaires des Comores ont péri dans le naufrage de leur embarcation, dans la nuit de dimanche à lundi, au large de Mayotte. Cinq personnes sont toujours portées disparues.

Nouveau drame de l’immigration clandestine à Mayotte. Un kwassa-kwassa, bateau de pêche rapide typique de l’archipel des Comores, a fait naufrage dans la nuit de dimanche à lundi, au large de Bouéni dans le sud de l’île. Le bilan est lourd : trois morts, deux adultes et une jeune fille, selon Mayotte la 1ère.

Alertée par un appel téléphonique, la gendarmerie maritime s’est rendue sur place vers 2h30 du matin, avec un intercepteur de la police de la police aux frontières (PAF), ainsi qu’un avion de l’état-major de la lutte contre l'immigration clandestine (LIC). L’opération, rendue très difficile à cause d’une mer particulièrement agitée, a permis de secourir 16 personnes, qui étaient dans l’eau depuis plusieurs heures déjà. Cinq disparus sont en revanche toujours recherchés par les autorités.

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Le dernier naufrage en date au large de l'île a eu lieu le 24 septembre 2020, cette fois au nord des Badamiers, à Petite Terre. Dix personnes avaient péri parmi les 24 qui se trouvaient à bord de l’embarcation de fortune. Malgré tout, les kwassa-kwassa ne cessent de prendre la mer pour Mayotte, dont le PIB est neuf fois supérieur aux Comores. Rien qu'en février 2021, 116 bateaux ont été interceptés en pleine mer par la PAF.

Des reconduites à la frontières inefficaces

La grande majorité est en provenance d’Anjouan, une île de l’archipel comorienne située à 70 kilomètres du 101e département français. C’est là que les candidats au départ, en provenance de tout le pays, se regroupent, et contactent les filières de passeurs.

Débarqués sur les plages mahoraises, les exilés viennent grossir les rangs des 12% de la population en séjour illégal de l'île, soit près de 30 000 personnes, selon une étude de la revue Plein droit (une publication du Groupe d'information et de soutien des immigrés). Toutefois, un grand nombre de migrants est intercepté par les forces de l’ordre et reconduits à la frontière.

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En 2019, l’administration en a comptabilisé 27 421, un record. Même si la majorité d’entre eux risqueront les semaines suivantes, un retour. En 2008, un rapport du Sénat signalait déjà qu’un quart au moins des clandestins n’hésitaient pas à retenter la traversée. Au péril de leur vie.

 

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