Matteo Salvini à Palerme en avril 2021. Crédit : Ansa
Matteo Salvini à Palerme en avril 2021. Crédit : Ansa

L'homme politique d'extrême-droite, ancien ministre de l'Intérieur, était poursuivi pour abus de pouvoir et séquestration pour avoir empêché le débarquement de migrants durant l'été 2019 dans un port italien. Le tribunal sicilien de Catane a annoncé, vendredi, l'abandon des poursuites.

Matteo Salvini, le chef du parti d'extrême droite La Ligue, n'aura pas à affronter un deuxième procès. Ainsi en a décidé la justice italienne, vendredi 14 mai. Matteo Salvini était visé dans le cadre d'une affaire remontant à juillet 2019. Alors ministre de l'Intérieur, il avait interdit à 131 migrants de débarquer dans le port militaire d’Augusta, près de Catane, en Sicile. Les migrants, secourus par le navire "Gregoretti" des garde-côtes italiens, étaient restés bloqués à bord pendant plusieurs jours.

Le juge du tribunal de Catane a suivi les réquisitions du parquet, qui avait demandé l'abandon des poursuites dans cette affaire. Matteo Salvini, présent à l'audience, a aussitôt crié victoire sur Twitter : "Le juge a décidé, NON AU PROCÈS ! Merci à ceux qui m'ont soutenu".

Dans le système judiciaire italien, le procès ne commence réellement qu’à l’issue d’une audience préliminaire devant un juge. C'est ce dernier, au regard des arguments exposés par les deux partis, qui décide du renvoi en justice, ou non, du mis en cause.

Un autre procès à Palerme

Le tribun d'extrême droite, dont le parti est membre de la coalition actuellement au pouvoir dirigée par Mario Draghi, doit cependant être jugé à partir du 15 septembre prochain à Palerme, la capitale de la Sicile, pour séquestration de personnes et abus de pouvoir.

>> À (re)lire : Que se passe-t-il pour les migrants, secourus en mer, qui arrivent en Italie ?

En août 2019, il avait interdit le débarquement de 147 migrants secourus en mer par l'ONG Open Arms et refusé pendant six jours d'accorder un port sûr au navire qui mouillait au large de la petite île italienne de Lampedusa (au sud de la Sicile) alors que les conditions à bord s'aggravaient.

Cette décision judiciaire est intervenue juste après un nouvel afflux de migrants le week-end dernier à Lampedusa, aussitôt dénoncé par Matteo Salvini et son parti, dont la lutte anti-immigration est l'un des principaux chevaux de bataille.

Entre le 1er janvier et le 11 mai, l'Italie a vu débarquer sur les îles de Lampedusa et de Sicile près de 13 000 personnes, parties des côtes nord-africaines, soit trois fois plus qu'en 2020 à la même période, et 10 fois plus qu'en 2019.

 

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