Plus de 80 migrants sont arrivés à la nage à Ceuta depuis le Maroc, lundi 17 mai. Crédit : Twitter/ @DrAZoubeidi
Plus de 80 migrants sont arrivés à la nage à Ceuta depuis le Maroc, lundi 17 mai. Crédit : Twitter/ @DrAZoubeidi

La Garde civile espagnole a indiqué qu'une centaine de personnes avaient rejoint lundi l’enclave de Ceuta depuis le Maroc voisin. Elles ont été arrêtées à leur entrée sur le territoire espagnol.

Une nouvelle arrivée de migrants a eu lieu à Ceuta lundi 17 mai. Une centaine de personnes ont rejoint l'enclave espagnole depuis le Maroc voisin, a indiqué la Garde civile espagnole.

Partis dans la nuit depuis des plages situées à quelques kilomètres au sud de Ceuta, ces migrants ont été arrêtés lorsqu’ils sont entrés sur le territoire espagnol.

Le groupe était principalement composé de jeunes hommes mais aussi d'enfants et de femmes, a indiqué un porte-parole de la préfecture de Ceuta à l'AFP. Certains ont utilisé des bouées gonflables tandis que d'autres ont rejoint l'enclave sur des canots pneumatiques.

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"La marée était basse et à certains endroits, on pouvait pratiquement arriver en marchant", a ajouté ce porte-parole.

Fin avril, une centaine de migrants avaient déjà rejoint à la nage Ceuta depuis le Maroc durant un week-end, par groupes de 20 à 30. La majorité d'entre eux ont ensuite été expulsés vers le Maroc.

Tensions diplomatiques

Des migrants tentent régulièrement d'atteindre Ceuta à la nage ou en escaladant les hautes clôtures frontalières qui séparent l'enclave du Maroc. Mais ces dernières arrivées de migrants interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques entre Madrid et Rabat.

Le Maroc, allié clé de Madrid dans la lutte contre l'immigration illégale, a convoqué fin avril l'ambassadeur espagnol à Rabat pour exprimer son "exaspération" à l'égard de l'accueil réservé en Espagne au chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, qui s'y était rendu pour être soigné. Le conflit au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole classée "territoire non autonome" par les Nations unies en l'absence d'un règlement définitif, oppose depuis plus de 45 ans le Maroc au Front Polisario, soutenu par l'Algérie. Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination alors que Rabat, qui considère le Sahara comme une "cause nationale", propose une autonomie sous sa souveraineté.

Intensification des contrôles

Les traversées à la nage se sont multipliées avec la pandémie de coronavirus, affirmait début avril le chercheur marocain Ali Zoubeidi, joint par InfoMigrants. "Avant, beaucoup de migrants voulant entrer à Ceuta et Melilla se cachaient dans les remorques, dans les camions, dans les voitures qui s’y dirigeaient. Mais avec l’épidémie et la fermeture des frontières terrestres, les candidats à l’immigration ont cherché de nouveaux moyens pour entrer dans les enclaves, comme la nage."

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L'escalade des triples grillages de barbelés est aussi devenue de plus en plus compliquée. "Les contrôles espagnols et marocains se sont intensifiés autour des routes, autour de la zone terrestre, autour des grillages", expliquait encore Ali Zoubeidi. Et puis grimper sur les barbelés entraîne souvent des blessures graves : il y a les chutes et les coups des policiers espagnols. Certains migrants préfèrent donc s’engager vers le large, contourner la jetée grillagée pour tenter d’atteindre les plages de Ceuta et Melilla.

 

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