Des patrouilleurs de la Garde nationale maritime tunisienne. Crédit : ministère de l'Intérieur tunisien
Des patrouilleurs de la Garde nationale maritime tunisienne. Crédit : ministère de l'Intérieur tunisien

Un bateau "sur le point de couler", transportant plus de 100 migrants, a été intercepté par les autorités tunisiennes, lundi. Il avait pris la mer dimanche soir, depuis le port libyen de Zouara.

Un sauvetage in extremis. Plus de 100 migrants ont été secourus, lundi 17 mai, par la marine tunisienne, à environ 40 kilomètres au large de l’île de Djerba, a indiqué le ministère de la Défense. Le bateau, "sur le point de couler", transportait notamment 46 passagers originaires du Bangladesh, 29 Soudanais, 22 Érythréens, 11 Égyptiens, âgés de 15 à 38 ans.

Partis dimanche soir de Zouara, en Libye, tous ont été ramenés de l'autre côté de la frontière, au port de Zarzis dans le sud de la Tunisie. Jeudi 13 mai, un autre bateau parti du même port libyen avait été retrouvé au large de Sfax, au centre-est de la Tunisie, avec à son bord deux survivantes nigériennes. Les 17 autres passagers ont péri dans le naufrage de l'embarcation.

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En mars aussi, 39 personnes qui tentaient d’atteindre Lampedusa, pour la plupart originaires d’Afrique subsaharienne, sont mortes noyées au large de Sfax.

Des opérations en augmentation

Depuis 2011 et la chute des régimes autoritaires tunisiens et libyens, les opérations de secours en mer de migrants partis de Libye sont devenues régulières dans le pays. De janvier à avril 2021,195 passages ont ainsi été interceptés par les autorités tunisiennes, soit une augmentation de 242 % par rapport à la même période en 2020, d’après le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).

Au total, en Tunisie, près de 3 000 migrants ont été empêchés d'atteindre les côtes italiennes en quatre mois, soit une augmentation de 170 %.

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En dépit des conditions météorologiques difficiles, les embarcations continuent à prendre la mer chaque jour, sur cette route meurtrière. Depuis le début de l'année, 557 personnes sont mortes en Méditerranée centrale en tentant de rejoindre les côtes européennes à bord d'embarcations de fortune.

Entre le 1er janvier et le 21 février, 3 800 migrants ont tout même atteint clandestinement l’Italie par la mer, selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), dont près de 1 000 via la Tunisie et 2 500 via la Libye voisine.

Pas de centre d’accueil pour migrants en Tunisie

Face à cette situation, la réponse de l’exécutif tunisien reste confuse. Mardi 11 mai, lors de sa participation aux travaux de la réunion euro-africaine sur la migration à Lisbonne, le chef du gouvernement tunisien Hichem Mechichi a soutenu que "l’immigration ne devait pas être considérée comme une menace continue, mais plutôt comme un facteur de développement économique, social et culturel ainsi qu’un facteur positif de rapprochement entre les peuples". Tout en réitérant son opposition à la mise en place en Tunisie de "centres d'hébergements" pour les migrants cherchant à rallier l'Europe.

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La question sera de nouveau débattue avec la ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese et la commissaire européenne Ylva Johansson, attendues à Tunis le 20 mai. Au menu des discussions : aides et rapatriements des migrants.

 

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