Carola Rackete est devenue une icône de la défense des migrants. Crédit : EPA
Carola Rackete est devenue une icône de la défense des migrants. Crédit : EPA

La justice italienne a classé mercredi sans suite la plainte déposée par le parquet d'Agrigente, en Sicile, contre Carola Rackete. La capitaine allemande du Sea Watch 3 était poursuivie pour être entrée de force en 2019 au port de Lampedusa, afin d'y débarquer des migrants secourus au large de la Libye.

Première victoire pour Carola Rackete. La plainte déposée par le parquet sicilien d'Agrigente à l'encontre de la capitaine du Sea Watch 3 a été rejetée mercredi 19 mai par la justice italienne. Carola Rackete était poursuivie pour avoir accosté de force à Lampedusa en juin 2019 avec 42 migrants secourus au large de la Libye. 

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Cette femme de 33 ans avait été accusée d'avoir tenté une manoeuvre dangereuse contre la vedette des douanes qui voulait l'empêcher d'accéder au port. Elle était poursuivie pour "violences contre un navire de guerre".

Elle avait été placée aux arrêts domiciliaires et présentée quelques jours plus tard à un juge qui avait décidé de la libérer, estimant que la jeune femme avait fait simplement son devoir en sauvant des vies humaines.

En débarquant à Lampedusa, Carola Rackete avait ignoré le veto imposé par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Matteo Salvini, chef du parti d'extrême droite de la Ligue, dans le cadre de sa politique des "ports fermés" destinée à endiguer le flux d'immigration clandestine sur les côtes italiennes.`

"Sauver des vies ne peut pas être un crime"

Pour l'ONG allemande éponyme qui affrète le navire humanitaire, l'abandon de l'enquête contre sa capitaine est un "succès" qui "confirme ce que nous avons toujours soutenu : sauver des vies ne peut pas être un crime".

Carola Rackete n'en a pour autant pas encore fini avec la justice italienne. Elle est toujours poursuivie pour "résistance à des officiers publics", selon l'article 337 du Code pénal italien, dans la même affaire.

Depuis deux ans, Carola Rackete est devenue une icône de la défense des migrants et une héroïne de la gauche italienne. Dans une vidéo publiée à l'issue de la décision de justice de mercredi, l'activiste a estimé que "la solidarité ne devrait pas être réservée aux personnes qui nous ressemblent mais à ceux qui en ont le plus besoin".

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À l'époque, la jeune femme avait été la cible des anti-migrants. Son principal opposant Matteo Salvini l'avait alors qualifiée d'"emmerdeuse". Le chef de la Ligue doit quant à lui être jugé en septembre à Palerme pour enlèvement et abus de pouvoir pour avoir refusé de laisser 164 migrants descendre du navire de sauvetage Open Arms pendant six jours en août 2019.

 

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