Des patrouilleurs de la Garde nationale maritime tunisienne. Crédit : ministère de l'Intérieur tunisien
Des patrouilleurs de la Garde nationale maritime tunisienne. Crédit : ministère de l'Intérieur tunisien

La ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese a annoncé jeudi la création d'un canal d'échanges directs entre Tunis et Rome. Les deux pays devraient ainsi à l'avenir mieux coordonner leur lutte contre les migrations irrégulières.

Pour lutter contre les migrations irrégulières, l'Italie et la Tunisie se sont mis d'accord sur une nouvelle stratégie reposant sur un canal d'échanges directs. L'idée : renforcer la coopération entre les deux pays. Cette décision a été annoncée par la ministre italienne de l'Intérieur, Luciana Lamorgese, lors d'une visite dans la capitale tunisienne jeudi 20 mai.

Concrètement, Luciana Lamorgese et la Commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson ont proposé des aides économiques à la Tunisie, qui peine à rembourser ses dettes. "De nouvelles opportunités d'emploi" et "de l'espoir pour les jeunes" devraient être créés pour aider le pays "à faire face aux conséquences économiques de la pandémie".

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En échange, Tunis devra, de son côté, faire preuve d'un effort accru pour empêcher les migrants d'arriver en Europe.

Car les départs de Tunisie vers les côtes européennes ont atteint en 2020 un pic inédit depuis 2011. Une tendance qui se confirme en 2021, en raison du manque de stratégie économique, de la hausse du chômage en raison de la pandémie ou encore de la crise politique qui s'éternise dans le pays.

Échange d'informations, plus de flexibilité dans les rapatriements...

"L'Italie a eu la confirmation de la volonté (de la Tunisie) d'instaurer une ligne directe entre nos deux pays pour échanger des informations" sur les départs irréguliers, a déclaré Luciana Lamorgese après une rencontre avec le chef du gouvernement Hichem Mechichi, qui est aussi ministre de l'Intérieur par intérim. 

En outre, "les autorités tunisiennes ont accepté plus de flexibilité dans les règles de rapatriements" de personnes arrivées irrégulièrement en Italie, selon un communiqué du ministère italien de l'Intérieur.

"Nous avons obtenu des résultats politiques très encourageants après nos discussions aujourd'hui", a estimé de son côté Ylva Johansson, saluant la mise en place de cette "hotline" et parlant d'une "situation gagnant-gagnant".

Pics d'arrivées à Lampedusa

Ce renforcement des relations fait suite à des pics d'arrivées à Lampedusa. Mi-mai, plus de 2 100 migrants avaient foulé le sol de cette petite île italienne en l'espace de 24 heures seulement, poussant le maire des lieux a lancé des appels à l'aide.

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Plus de 13 350 personnes sont arrivées sur les côtes italiennes depuis janvier, soit trois fois plus qu'à la même époque en 2020, selon Rome. Parmi elles, 15 % sont des Tunisiens, qui constituent la principale nationalité arrivée par la mer.

En réaction à cette situation, le Premier ministre italien Mario Draghi a de son côté indiqué que la question de la répartition des migrants au sein de l'Union européenne serait mise au menu d'un sommet européen cette semaine.

Au-delà du cas de la Tunisie, des discussions sont également en cours entre l'Union européenne et le gouvernement libyen du Premier ministre Abdulhamid Dbeibah. Il s'agit, là aussi, de trouver un accord sur un meilleur contrôle des départs de migrants des côtes libyennes, a indiqué Ylva Johansson, alors que les traversées depuis la Libye sont en augmentation.

 

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