© JON NAZCA/REUTERS | De nombreux mineurs font partie des migrants ayant passé la frontière pour arriver à Ceuta.
© JON NAZCA/REUTERS | De nombreux mineurs font partie des migrants ayant passé la frontière pour arriver à Ceuta.

Depuis le début de la semaine, les autorités de Ceuta estiment qu’entre 8 et 10 000 personnes ont pénétré dans l’enclave espagnole, en provenance du Maroc, sur fond de crise diplomatique entre les deux pays. Parmi ces migrants, on compte de très nombreux mineurs. Des habitants se mobilisent pour donner des nouvelles de ces derniers à leurs familles.

MAROC _Enrobé SOIR Un habitant de Ceuta qui aide à rechercher les mineurs


Avec notre envoyée spéciale à Ceuta, Magali Lagrange

Deux jeunes Marocains sont assis face à la mer, en ce milieu d’après-midi. Ni l’un, ni l’autre ne parlent français, ni anglais, ni espagnol. Mais l’un d’eux réussit à se faire comprendre. Il veut utiliser un téléphone, pour pouvoir envoyer un message à sa mère par WhatsApp.

Des annonces sur les réseaux sociaux

Une demande qu’a également rencontrée Abdeslam Mohamed, le président d’Alas Protectoras, une ONG d’aide à l’enfance, qui mène aussi des actions de l’autre côté de la frontière, au Maroc. Il se sert en ce moment des réseaux sociaux pour que les familles puissent se retrouver.

"J’utilise ma page Facebook pour retrouver des enfants qui sont perdus, ou dont les familles sont sans nouvelles, parce qu’ils n’ont pas de téléphone pour appeler. Ce sont des jeunes mineurs."

Des familles marocaines lui envoient des photos de jeunes qu’il publie sur son mur, en espérant que des personnes de Ceuta qui le suivent pourront les reconnaître.

"Par exemple, cette jeune fille que vous voyez ici, elle veut retourner au Maroc. Mais l’État ne peut pas l’envoyer comme ça, elle est mineure. Il doit y avoir un parent pour ça. Il y aussi ce garçon que je recherche, mais je ne l’ai pas encore trouvé. Il est de Oued Laou. Celui-là vient de Castillejos et on le cherche aussi."

Abdeslam Mohamed continue de faire défiler les photos, sur l’écran de son téléphone. Il affirme que ses publications ont permis à une cinquantaine de familles de retrouver la trace de leurs enfants jusqu’à présent.

►À écouter aussi : Invité international - Crise migratoire à Ceuta: «C'est un message envoyé à l'Union européenne»

 

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